Debriefing L'appel
de Cthulhu ambiance "Au nom de la rose", maître de jeu : Laurent.
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Casting
Anselme moine herboriste : Clémence
Théodule moine, scribe traducteur
: Philippe
Etienne moine, cuisinier : Nicolas
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L'abbaye des ombres (par
Laurent)
En cet an de grâce 1372 à
quelques jours de Noël, puisse ma main ne point trembler alors je
m’apprête à déposer sur ce parchemin le témoignage
véridique des événements terribles et démoniaques
qui se sont déroulés dans une abbaye des Pyrénées
en novembre dernier.
Fin octobre de l’an de grâce 1372,
l’évêque de Toulouse nous assigna Anselme et moi Théodule
à une nouvelle abbaye située sur les contreforts des Pyrénées.
Durant les 3 semaines de voyage à dos de mule , nous eûmes
le temps de lier connaissance avec Frère Etienne cuisinier
de son état, lui aussi nouvellement affecté à cette
abbaye.
Celle-ci était située dans
le fief du Béarn rattaché à la couronne de France,
actuellement portée par Charles V dit le Sage. Construite dans une
ancienne forteresse qui, nous l’apprîmes plus tard, avait servi de
défense contre les Maures, elle regroupait une trentaine de moines
dirigés par l’abbé Georges Dumont.
Nous ne nous aperçûmes que
bien plus tard que les terribles événements commencèrent
par le vol anodin des sandales de l’abbé. Pour tous, cela débuta
le lendemain matin quand Barnabé le jardinier trouva Frère
Jean Le Muet, un des enlumineurs, dans le cloître tué d’un
coup de couteau ( sans son cœur hélas), ce Frère Jean que
j’avais aperçu la veille dans le petit cimetière près
de l’église alors que je travaillais à la traduction d’un
traité de médecine en langue arabe.
Alors que Barnabé, en tant que jardinier
du cloître, nettoyait le lieu du crime, une violente dispute éclata
au réfectoire où tous les autres moines étaient rassemblés.
Il se créa rapidement deux camps : ceux qui croyaient que la mort
de Frère Jean était une vengeance de la Dame Blanche – un
fantôme qui hanterait les murs d’enceinte bien que personnellement
je n’ai rien vu de tel lors de mon séjour- et ceux qui rejetaient
cette hypothèse comme étant de la pure superstition. Seule
l’intervention de l’abbé permit de ramener le calme.
L’après-midi, profitant d’une pause,
je m’aventura dans le cimetière et je découvris que la frise
( représentant la Cène) ornant la fontaine possédait
un mécanisme, que je me promis bien d’examiner le soir venu.
Lors du repas du soir, le Frère
Pierre, un de ceux qui avait soutenu l’hypothèse de la Dame Blanche
arriva en retard de sa sortie à cheval de l’abbaye en portant un
sac en bandoulière. Etienne nous appris aussi grâce à
sa présence aux cuisines qu’un noble logeait depuis trois mois dans
une des tours du mur d’enceinte pour y étudier des documents de
la bibliothèque.
Nous eûmes la présence d’esprit
de demander des renseignements sur l’histoire récente de l’abbaye
au Frère Patrice l’aveugle et il nous fit le récit suivant
:
« Il y a vingt-cinq ans, la Forteresse
des Scorpions (surnom qui lui fut donné à cause des armures
complètes des soldats qui la défendaient), un imposant château
au cœur des Pyrénées, point stratégique de la défense
du sud de la France contre les Maures, fut prise d'assaut et envahie par
les sarrasins, mettant en fuite le Comte de Niran et sa famille. La forteresse
fut rapidement reconquise par les armées françaises mais
le Comte et sa famille refusèrent d’y retourner et la vendirent
au Clergé. Durant les premières années d’occupation
des lieux, l’Eglise en fit une prison et un haut lieu de la Sainte Inquisition.
Pendant cette période, la forteresse fut aménagée
en conséquence et les inquisiteurs y découvrirent un véritable
labyrinthe souterrain, vestige des plaisirs cruels des anciens propriétaires.
Sur ordre du Grand Inquisiteur, les murs du labyrinthe furent recouverts
de fresques bibliques qui serviraient dès lors de repérage
dans les catacombes. La situation dura six ans durant lesquels la région
fut mise à feu et à sang. Mais faute d'hérétiques,
la Forteresse fut transformée en Abbaye, dont le Frère Georges
Dumont, un des inquisiteurs les plus sanglants, fut nommé abbé.
Voilà quelques dix-neuf années que cette abbaye prospère,
toujours sous le commandement ferme et autoritaire de l'abbé Dumont
».
Dès que la nuit fut tombée,
nous partîmes en exploration sur le chemin de ronde, nous y découvrîmes
que quelqu’un l’avait emprunté récemment pour relier la tour
orientale où se trouvait logé le noble ( le baron Alexandre
de Soule) et le dortoir des moines ( juste au-dessus de la cellule du Frère
Joël). Nous décidâmes ensuite de pénétrer
dans les catacombes en empruntant le passage de la fontaine.
Les catacombes étaient effectivement
un véritable labyrinthe mais grâce à notre connaissance
des Saintes Ecritures ce fut un jeu d’enfants de ne point nous y égarer.
En suivant le trajet de marques noires, nous réussîmes à
nous cacher de justesse de la troupe ( 4 moines encapuchonnés
) qui se dirigeait vers la sortie. En continuant vers l’endroit d’où
ils provenaient nous trouvâmes une salle servant à des messes
sataniques avec sa croix renversée et des restes d’ossements de
petits animaux. Apparemment des moines s’étaient fourvoyés
dans la plus noire des erreurs. Mais il nous restait bien pire à
découvrir…Dans une autre partie des souterrains, une salle voûtée
refermait une vision plus étrange encore : une tâche de sang
coagulée avec des éclats de verre en son centre et une lanière
de cuir de sandale. Et un bruit étrange comme un long feulement
se faisait entendre dans les ténèbres au loin… Nous décidâmes
d’interrompre nos recherches et de ressortir des souterrains.
Alors que nous émergions à
l’air libre, juste à temps pour nous diriger vers l’église
pour l’office matinal, l’abbé appela tous les moines : il venait
de découvrir le baron Alexandre de Soule poignardé par derrière
juste à l’entrée de la tour orientale.
Après l’office, où ne participa
pas l’abbé, le repas fut pris dans une ambiance assez tendue. Les
soupçons se portaient surtout sur les nouveaux arrivants – c’est
à dire nous.
Dans l’après-midi, le bibliothécaire
remarqua la disparition de l’abbé. Dès lors il régnât
dans l’abbaye une anarchie indescriptible : Jérôme, le favori
de l’abbé et Fédérico un autre scribe tentèrent
tout deux d’assurer le commandement de l’abbaye : Jérôme plus
pour répondre à son ambition et Fédérico pour
contrer Jérôme car il avait vu en lui « un hypocrite
mielleux dont les noirs desseins ne se révéleront que le
jour où il aura fait main basse sur l'abbaye ». Mais
Barnabé le jardinier, révélant son appartenance à
l’Inquisition – que nous soupçonnions depuis quelque temps – pris
la direction de l’abbaye.
Une fouille rapide dans les appartements
du baron nous ne apprit pas grand chose si ce n’est une lettre mentionnant
l’existence d’un passage secret donnant dans les souterrains depuis la
tour orientale. Passage que nous ne pûmes utiliser car il nous fallait
un mot de passe.
Etienne décida alors d’aller raconter
ce que nous venions de découvrir à Barnabé. Nous réussîmes
à lui faire admettre la nécessité de rentrer dans
la bibliothèque. Nous apprîmes rapidement qu‘un ouvrage occulte
le « Liber Ivonis » avait disparu peu de temps après
l’arrivée du Baron. Un petit tour du côté des appartements
personnels de l’abbé nous permis de découvrir l’exemplaire
; exemplaire, qui avait été longuement ouvert à une
certaine page…
Il s’agissait d’un sort démoniaque
propre à faire apparaître le diable ou l’un de ces serviteurs
qui nécessitait deux ingrédients principaux ; le premier
un cœur humain et le second un objet personnel appartenant à la
victime visée par le sortilège :le cœur de Frère Jean
Le Muet , les sandales de l’abbé. Le démon apparaîtrait
alors et tuerait la victime.
L’abbé était en danger cela
était clair pour nous. Alors que nous sortions des cuisines, après
nous êtes armés de couteaux de cuisine, un fracas épouvantable
retentit dans le puits de la cour. L’abbé ensanglanté escalada
la margelle et s’en éloigna en titubant. Puis la Chose sortit à
son tour.
Couverte d’une immonde fourrure de couleur
brun gris, cette créature mesurait au moins deux mètres de
haut. Sa tête, de part la totale absence de cou, semblait soudée
au torse. En guise de visage, deux yeux jaunes dépourvu de pupilles
surmontaient une masse de tentacules grouillants. De formidables griffes
hérissaient chacune de ces pattes. C’était la Bête
dans toute son horreur et avec elle une vague de terreur s’abattit dans
la cour. Frère Anselme ne pût y résister et s’enfuit
nous laissant seul Etienne et moi armés de simples couteaux face
à ce démon qui se dirigeait vers nous et l’abbé.
Rassemblant mon courage et priant Dieu,
je barrai la route au démon, tandis que Frère Etienne perdant
sans doute l’esprit se mit à lire je ne sais quelles phrases du
livre noir. Le monstre réussit à me saisir au bout du troisième
assaut et me laissa pratiquement pour mort. Dans les brumes de l’inconscience,
je vis la créature disparaître comme la brume au moment même
au Frère Etienne prononça un mot dont je n’ai plus le souvenir.
Puis tout devint sombre.
Quand je repris connaissance, j’étais
couché sur une litière de fortune portée par les mules.
Les Frères Etienne et Anselme étaient avec moi. Nous nous
dirigions vers la Navarre. D’après le récit qu’ils m’en ont
fait, durant la grande confusion provoquée par l’apparition de la
créature, les moines responsables des cérémonies souterraines
avaient quitté l’abbaye. L’abbé Dumont était sauf
grâce à notre intervention. C’était le baron Alexandre
de Soule qui avait invoqué la créature grâce au Liber
Ivonis car l’abbé souhaitait l’obliger à quitter l’abbaye.
Comme quoi de bien grands malheurs sont arrivés par la faute de
l’orgueil d’un seul homme. Pour rajouter à ma tristesse, la guerre
entre la couronne de France et celle d’Angleterre s’était rallumée
; les armées du Roi commandées par le Connétable de
France Du Guesclin se battaient aux portes de l’Aquitaine et du Béarn.
C’était pour échapper aux combats que Frère Etienne
nous emmenait vers le royaume de Navarre.
Alors que je finis ce récit, à
l’abri et reposé dans une abbaye de Pampelune, je ne puis m’empêcher
de songer au contenu du Liber Ivonis qui est posé devant moi. Les
secrets qu’il renferme me semblent être des savoirs interdits et
blasphématoires mais ils sont peut être les seules connaissances
qui peuvent nous aider à vaincre les démons qui errent sur
cette terre…
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