Nous avons reçu, il y a quelques années, une cinquantaine de sérums prélevés sur des malades de Tahiti, lors du séjour d'un des confrères de notre groupe à Papeete. Malheureusement nous n'avons pu avoir que peu de renseignements cliniques : six malades étaient signalés comme hanséniens (terminologie moderne pour dire "lépreux"), deux autres souffrant de filariose.

La lecture de ces profils s'avère surprenante : il existe une réelle similitude de ces PRS (la consanguinité insulaire est importante), à tel point qu'il est possible de réaliser un véritable "portrait robot" biologique de ces patients, puis d'étudier les différentes variantes qui se présentent parfois :
Protidogramme = hyper Gamma … hypo Albumines + Alpha 1
Euglobulines = hyper Eu-gamma … hypo Eu-alpha
Remèdes hyper-floculants : Aurum / Kalium / Iodum / Ferrum ….
hypo-floculant : Calcarea

Un tel aspect (hyper-floculant en hyper-gamma), se rencontre également dans les populations noires d'Afrique et des Antilles et chez les indous. Ces sérums tahitiens ayant été comparées, lors de l'analyse, à des normes européennes, nous pouvons donner une explication logique à ce phénomène : le climat "chaud et humide" favorise un fort "gradient parasitaire" (celui-ci augmente dès qu'on se rapproche de l'équateur), provoquant, au fil des générations, une sélections d'individus hyperimmuns (les autres meurent !), présentant un épaississement chronique du réseau de Jerne (= hyper Gamma + Eu-gamma), dont l'expression clinique est l'engorgement lymphoïde (les "tan" en MTC) avec pour conséquence la fréquence de l'obésité (diabète) , ainsi que de l'HTA qui y est 4 à 5 fois supérieure aux normes européennes...

En étudiant les cas des six malades hanséniens, nous observons une baisse significative des paramètres Carbo. et Sulfur. Nous avons constaté un comportement analogue de ces marqueurs, en métropole, dans les cas de tuberculose ... ce qui est logique, ces deux affections graves sont de mécanisme immun, déclanchées par le même type de bacille acido-alcoolo-résistant.

Si nous nous penchons à présent sur les deux cas de filariose, tous deux se singularisent par un effondrement du paramètre Iodum (paramètre normalement élevé dans le reste de la population). Les filaires induisant des réactions allergiques chroniques (hyper éosinophilie ++), un tel effondrement de ce paramètre marqueur des allergies (cf. matière médicale de Kalium iodatum) est tout à fait significatif.