Les réflexothérapies


Il arrive qu'un diagnostic correct et qu'un traitement adapté ne donne pas les résultats escomptés, comme si l'information fournie se dissipait. Il faut alors chercher un problème local qui absorbe l'énergie du patient dans un effort d'adaptation trop important. Trois types d'approches peuvent être utilisées selon le cas : 
 
  • La neuralthérapie :
De 1925 à 1940, le dr F. Huneke, chirurgien allemand, énonça, à la suite d'expériences personnelles, les postulats suivants : "On appelle "champ perturbateur" toute zone du corps qui a subi une modification telle qu'elle crée dans le système nerveux des influx perturbants ... 
-  toute affection chronique peut être sous la dépendance d'un champ perturbateur, 

-  tout endroit du corps peut devenir le siège d'un champ perturbateur et induire des troubles trophiques ou algiques à distance, 
- l'injection d'un anesthésique local au voisinage d'un champ perturbateur supprime instantanément les troubles qui en résultent".
L'explication de ces phénomènes, responsables de nombre de "guérisons miraculeuses" est récente et liée à la découverte des trois niveaux de "gate control system" de notre système nerveux. Une stimulation anodine mais persistante peut bloquer les filtres : sans régulation, le système nerveux va faire dégénérer une affection qui semble anodine (exemple : un granulome dentaire) en catastrophe viscérale (exemple : sciatique paralysante). A coté des anesthésiques locaux (parfois mal tolérés), sont apparus ces dernières années des méthodes physiques : soft-lasers (rouge ou infra-rouge), à émissions continues ou pulsées, ondes électro-magnétiques (type Diapulse). 

On peut distinguer trois techniques d'application de la neuralthérapie : 

 - la "neuralthérapie humorale", qui consiste en une injection IV de 1 cc de Procaïnate de caféine, 

 - la "neuralthérapie segmentaire", topographique (métamérique), 
 - la "neuralthérapie focale", traitement spécifice localisé des épines irritatives perturbantes.
Cette méthode est malheureusement peu connue en France, pratiquement supplantée par la "mésothérapie" du dr Pistor et l'auriculothérapie du dr Nogier, qui en découlent pourtant toutes deux. 
 
  • La reflexothérapie gengivo-dentaire :
Les dents, les arcs mandibulaires et les ATM constituent un système dynamique complexe dont les traitements dentaires classiques (galvanisme, épines irritatives, pb. d'occlusion...) peuvent gravement altérer les fonctions et induire un ensemble de troubles à distance. Ainsi on estime actuellement que 50% de la pathologie ostéo-articulaire est causée ou entretenue par des causes dentaires. Diverses somatotopies ont été présentées (en France dr Orsatelli - dr A. Roths), mais : 
 -  l'inter-action des dents les unes sur les autres (pb. des dents dominantes - dominées), 

 -  l'objectivation de relations descendantes (dent-organe) et ascendantes (organe-dent), 
rend toute systématisation difficile. 
 
  • L'ostéothérapie (chiropraxie ou étiopathie) et les différentes techniques manuelles et reflexes :


Si le "reboutage" était pratiqué de façon intuitive par l'homme depuis des siècles, de la Haute
Egypte à Hippocrate en Grèce, Avicenne en Iran, le mérite de la codification des
"manipulations vertébrales" revient au docteur A.T. Still (USA 1875), qui fut l'un des premiers à
comprendre et à codifier les manipulations ostéo-articulaires, dans le but d'optimiser l'équilibre
fonctionnel de l'ensemble des structures du corps humain. Formés à l'école américaine, les
ostéopathes anglais ont, à leur tour, transmis leurs connaissances au reste de l'Europe.

Les différentes techniques développées en médecine manuelle agissent par suppression des
tensions perturbatrices et amélioration de l'adaptation neuro-physiologique. Elles peuvent ainsi
induirent des modifications viscérales à distance (effet parfois recherché). Par ses interventions
manuelles, l'ostéopathe calme, freine ou stimule les systèmes de régulation en agissant :

- sur les structures articulaires : pied, cheville, genou, hanche, coude, épaule, maxillaire,
crâne et colonne vertébrale.
- sur les tissus sanguins, pulmonaires, nerveux et conjonctifs.

S'il existe des différences de vocabulaire entre les écoles, notre but n'est pas de prendre parti,
mais d'insister sur le fait qu'il n'existe pas de "déplacement vertébral" objectivable, mais plutôt
des surpressions articulaires et des tensions ligamentaires mal orientées qui auto-entretiennent
les symptômes dont se plaignent les patients. Le travail des fascias, la mobilisation des viscères
et l'évaluation sensitive des pressions rythmées au niveau du LCR, mettent à présent ces
techniques au niveau d'une approche médicale globale, basée sur la régulation des limitations
de mouvement.

L'engouement du public va croissant et le nombre des praticiens qualifiés augmente, malgré
l'opposition farouche des mandarins de la faculté de médecine et les ridicules condamnations
prononcées ça et là en France à la demande du conseil de l'ordre des médecins.

Depuis vingt ans, la profession s’est organisée, avec la création du Registre des Ostéopathes de France et du Registre Européen des Ostéopathes, qui entretient des relations étroites et privilégiées avec l’Américain Academy of Osteopathy.


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