Actualités de l'HOMEOPATHIE DIATHESIQUE,
APPROCHE SYSTEMIQUE DES SYMPTOMES
Quarante ans après la publication de la "Matière médicale thérapeutique" de P. KOLLITSCH, un nouveau pas décisif dans la compréhension de la matière médicale homéopatique vient d'être franchi. Eclairant le mécanisme d'apparition des différents symptômes, en développant un concept clair des tendances diathésiques (approche dynamique de la physiopathologie humaine) et de l'aspect psychologique (problématiques non résolues) des remèdes de la matière médicale, l'homéopathie systémiste permet une stratégie simple et cohérente, en relativisant les positions (parfois exclusives) des écoles traditionnelles. Etat de l'homéopathie dans le monde : L'homéopathie est une dame respectable, à présent
agée de deux siècles, qui peut s'enorgueillir d'une riche
matière médicale et de dizaine de milliers de praticiens
fervents à travers le monde. Pourtant, les opinions de ceux-ci sont
divergeantes et leurs pratiques fort dissemblables.
Les "unicistes" prônent, à la suite de J.T. KENT, la répertorisation et l'utilisation d'une haute dilution d'un remède unique : "La maladie possède des causes et une origine plus profondes qu'il ne nous apparaissait à première vue. Le trouble initial provient d'une faute, on peut même dire du péché de l'esprit, donc du péché contre l'esprit, et cette faute façonne l'intérieur de l'homme, elle le rend sensible aux causes morbides. Ensuite, la Force vitale déréglée qui anime le corps physique ne peut plus maintenir l'ordre et l'harmonie et la maladie fait son apparition". L'informatique a grandement facilité leur travail quotidien depuis ces quinze dernières années. Choisir par exemple parmi les 64 000 symptômes retenus par Kent désespère le débutant. L'expérience prouve que, livrés à eux-mêmes, la majorité des confrères baisse les bras. Les symptômes y sont hiérarchisés par ordre de valeur décroissante : symptômes étiologiques, psycho-affectifs (moral, anxiété, peurs, caractère, relations avec l'entourage ...), mentaux (sensibilité, attention, mémoire, travail, religion ...), fonctionnels (périodes d'aggravation, température, climat, sommeil et rèves ...), enfin somatiques (peau, ongles, mains, pieds, ophtalmologie, digestion, cardiologie ...). Rien n'empèche, en théorie, de construire, pour chaque malade, un tableau comportant des dizaines de symptômes et tous les remèdes connus à ce jour. En pratique, il faut choisir : si nous utilisons une liste complète, l'expérience montre qu'une fois classés selon leurs poids, on retrouve dans les vingt premières places la plupart des polycrests. Ces remèdes ont été beaucoup expérimentés : ils ont chacun plus de 1000 symptômes, alors que la plupart des autres remèdes en ont moins de 500. Rien ne nous permet à priori d'affirmer que la guérison de chaque malade doit passer par la prescription d'un polycrest : c'est un peu l'histoire de l'arbre qui cache la forêt ! Les "complexistes" bénéficient du travail de H.H. RECKEWEG qui met en avant, dès 1952, les dérèglements du métabolique enzymatique (35 000 réactions par seconde par cellule) pour décrire six stades successifs de désadaptation par accumulation toxinique. Les remèdes homéopathiques sont alors choisis pour s'opposer à l'évolution métastatique, c'est à dire au déplacement dans le temps (pathologies différentes sur le même organe) et dans l'espace (pathologies identiques dans différents lieux) d'un trouble. "On peut ainsi considérer que les maladies sont des réactions organiques orientées vers une réaction de détoxication. Si ce processus (désagréable mais nécessaire) est bloqué par une thérapeutique suppressive, l'auto-intoxication va s'accentuer et s'étendre". Le concept de l'homotoxicologie repose sur l'idée que chaque pathologie est l'expression de la lutte des régulations organiques (il parle déjà de cybernétique) contre les dommages induits par les toxines endogènes et exogènes. L'utilisation de remèdes homéopathiques va permettre de neutraliser les substances dangereuses : "homotoxine" (produit pathologique toxique) + homéotoxine = "homotoxone" (atoxique, excrétable). Les "pluralistes" tentent de développer une approche diathésique de la pathologie et de la matière médicale. Leur travail se fonde sur une interprétation du second ouvrage de S. HAHNEMANN ("les maladies chroniques", publié 18 ans après la première édition de "l'organon"). Ce livre, pomme de discorde des homéopathes, est une tentative audacieuse pour envisager l'évolution pathologique observée dans une conception globale, en relation avec diverses infestations microbiennes chroniques. Celle-ci rend compte des phénomènes de crises, de rechutes, de suppressions et de métastases morbides. S. HAHNEMANN s'était alors basé sur le seul élément objectif indiscutable : l'aspect des lésions cutanées. Il attribue alors ces maux à quatre grandes causes morbides :
- le sujet dans le temps (fonction) = sa DIATHESE - le sujet dans le moment (information) = sa MALADIE - le sujet dans son équilibre évolutif = son TERRAIN (c'est à dire structure + fonction + information) La première vraie révolution vint du travail de Pol KOLLITSCH
(Matière médicale thérapeutique, 1955). Il eut le
génie de mettre en évidence les similitudes symptômatiques
et physiopathologiques au sein de la matière médicale homéopathique,
en regroupant les 2000 remèdes connus en 25 "familles" correspondant
aux principaux "thermostats biologiques" (éléments de régulation
du milieu intérieur) et en analysant les relations évolutives
existantes entre eux. "Je me suis demandé s'il n'était pas
possible de classer les remèdes, non par leurs symptômes particuliers,
mais par leurs caractéristiques générales, en calquant
ces caractéristiques sur les réactions morbides auxquelles
ils doivent s'appliquer ... en effet, les processus morbides suivent toujours
une marche plus ou moins invariable ; il est donc permis de penser qu'à
chaque étape d'un processus morbide correspond un ou plusieurs remèdes
ou groupe de remèdes ; en quelque sorte à chaque point du
plan pathologique correspondrait un point du plan thérapeutique.
La réflexion et l'expérience nous ont montré que cette
vue, à priori théorique, existait bel et bien dans la réalité
de la pratique".
Qu'est-ce que l'homéopathie diathésique ? Notre réflexion fut d'essayer d'intégrer ces trois grands
courants thérapeutiques, en mettant en valeur ce que chacun avait
de meilleur. L'analyse systémique, dont l'application aux sciences
fondamentales s'est montrée fructueuse, permet une nouvelle lecture
de la doctrine de Samuel HAHNEMANN. Il s'agit de considérer chaque
élément étudié comme faisant partie d'un ensemble
dont on peut définir l'organisation interne. Ainsi, la pratique
de l'homéopathie peut se résumer aux rapports expérimentalement
établis entre les symptômes (pathogénésiques
et pathologiques) et les remèdes de la matière médicale
(expérimentés ou prescrits).
Il apparait alors essentiel de "regarder derrière" ces remèdes et ses symptômes, afin de mettre en évidence les logiques permettant de comprendre ces mystérieuses relations. Pour ce faire, nous avons employé un modèle de macro-physiologie extrèmement simple et pratique, celui que propose la médecine traditionnelle chinoise (MTC). Ses règles d'organisation sont très simples :
- 4 niveaux d'organisation du corps (structure-fonction / sang-énergie) - 3 situations pathologiques possibles (plénitude / insuffisance / vide) - 6 stades évolutifs (stagnation / chaleur / humidité / sécheresse / feu /vent)
Chaque pôle organique se trouve ainsi sous la dépendance
d'un "super polycrest" dont la pathogénésie recouvre l'ensemble
des symptômes des dysfonctions de ses organes. Il s'agit de :
Chacun de ces remèdes "empereurs" reçoit dans son pays
(pôle organique) les "ambassadeurs" des quatre "pays voisins". Ainsi,
dans le "pays de la psore", on observe que SULFUR est entouré de
quatre groupes de remèdes qui ont chacun les caractéristiques
de la psore, mais en plus, les caractéristiques de leur "pays d'origine"
:
La MTC explique les dysfonctions observées en disant que si un
"ambassadeur" informe insuffisament l'empereur ou au contraire, prend le
pas sur lui, il y aura pathologie. Le rôle du thérapeute consistant
alors à rétablir un équilibre harmonieux (tonifier
l'empereur paresseux ou calmer l'ambassadeur qui outrepasse ses fonctions).
Le pôle de l'adaptation (organes rate et pancréas) représente
une fonction particulière en MTC, celle d'assurer le bon équilibre
(alimentaire, immunitaire et psychologique) entre les quatre autres pôles.
Tous ces ambassadeurs sont des remèdes de blocage, culs-de-sac évolutifs
dont la solution passera par une suppuration.
Cette modélisation du "terrain" a l'avantage d'expliquer le fonctionnement de l'homme sain (en se référant aussi bien à la logique de son organisation qu'à celle de son développement), comme de coller à la physiopathologie et à la thérapeutique. Elle précise en outre les relations entre structures et fonctions, comme entre les régulations normales (cycles d'engendrement et de contrôle) et le pathologique (phénomènes de domination ou de révolte). Elle définit pour chaque individu le parcours prévisible de la santé vers la maladie, conçu comme une voie originale d'adaptation à la sucession de situations nouvelles. Les remèdes homéopathiques et les différents nosodes, nous guident sans cesse pour comprendre l'organisation du vivant, grâce aux processus d'excitation-inhibition mis en oeuvre, visant au redressement de l'espace biologique perturbé.
Si l'étude des remèdes est considérablement simplifié dans cette conception, le choix des dilutions à utiliser l'est aussi :
"insuffisance" d'un élément ("manque" : à nourrir) -> basse dilution "vide" de l'élément (cas chronique que tout aggrave) -> nosode
n'a plus d'énergie => fatigué ++ PSORINUM plénitude par hypofonction (vide de Yang)
MEDORRHINUM vide de "feu du coeur" -> stagnation d'eau
LUESINUM inflammations par vide d'eau -> lésions des structures
- les isothérapiques de remèdes allopathiques et de vaccins, dont vous avez pu apprécier chaque jour un peu plus les effets pervers à long terme. Face à la stérile et historique opposition des différentes
tendances du mouvement homéopathique, les praticiens systémistes
proposent une méthode qui englobe ces différents points de
vue dans une logique d'ordre supérieur.
Quel intérêt pratique ? Cette approche simple, concrète et précise de la physiopathologie humaine et de l'étude de la matière médicale homéopathique débouche sur un certain nombre d'outils mis à la disposition des homéopathes systémistes : L'approche psycho-somatique est évidente en homéopathie
diathèsique. Depuis les premiers travaux de E.C. WHITMONT, ces praticiens
se sont appliqués à développer un concept clair de
l'aspect psychologique (problématiques non résolues) des
remèdes de la matière médicale, regroupés selon
leur sphère d'influence physiologique. Surtout, ils visent, dans
tous les cas où cela est possible, la responsabilisation du patient
et son éducation sur les moyens appropriés de prendre en
charge sa santé et son épanouissement.
La répertorisation par auto-questionnaire arborisé : le médecin peut se limiter à quelques centaines de symptômes discriminants, articulées selon les dysfonctions tissulaires auxquels ils peuvent être rattachés (logiciel SYNERGIE 2000). Les homéopathes systémistes ont ainsi éliminé systématiquement les signes :
- trop peu précis (douleurs rongeantes, frémissantes ..?), - peu discriminants (trop de remèdes couvrent le symptôme).
- la seconde liste, 12 autres remèdes (appelés "satellites"), d'action plus limitée, mais souvent très efficaces (sur les 330 de notre liste, avec indication du groupe thérapeutique auquel il se rattache), - la troisième est composée des 4 nosodes de diathèse et des principaux stock-nosodes (sur les 28 du programme), qui se révèleront utiles dans certaines situations chroniques. * confirmant la juste sélection du remède principal, le
PRS proposera le draineur optimal (à utiliser en basse dilution,
1DH 15 à 25 gouttes par jour) qui évitera la phase d'aggravation
thérapeutique parfois fort pénible,
Les données du monde médical ont changé. Les patients réclament des investigations cliniques et para-cliniques plus précises, au meilleur coût. Les pressions sociologique, économique et fiscale ont, par ailleurs, considérablement réduit le temps dont dispose le praticien. La mise en oeuvre d'outils biologiques et informatiques puissants, une meilleure connaissance de la physiopathologie humaine, une bonne appréciation de la hiérarchie d'action des remèdes sur les régulations du milieu intérieur, ont permis, aux homéopathes de ce début de 21ème siècle, de concevoir des outils qui cumulent les qualités et avantages de méthodes éprouvées, pour s'adapter parfaitement aux demandes de leurs malades. |
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