Le textile a peut-être filé, mais le texte revient sur le métier. Et
comment ! puisque en octobre l'Oulipo fera la navette de Paris à la
grande Filature de Lille. De même en décembre, lors d'une fête
oulipienne
à Lomme. Au programme, baobabs, chimères, filigranes,
morales élémentaires, pléiades de métro, gestomètres, sextines...
Et d'abord la traduction du merveilleux sonnet "les
vers à soie" de Jacques
Roubaud que les participants sont invités à écrire en toutes langues,
accents, dialectes et patois : l'occasion d'entendre et d'écrire cent
mille milliards de poèmes, de tisser
la langue à la machine ou à la main. Il suffira, comme la foule
d'amis présents chaque année, d'aimer cette langue maternelle
ou adoptive, objet d'une passion commune. Les productions écrites ou
parlées sont visibles au fur et à mesure de leur arrivée :
www.zazipo.net
. Une version hébraïque est donnée ci-après
Participation gratuite - Renseignements et inscriptions
infozazie@free.fr
PROGRAMME DE FIN D'ANNEE:
Vendredi 14 octobre 2005 à 19 heures, grande lecture par l'OuLiPo
au
Théâtre du Prato,
6, allée de la Filature 59000 Lille
métro Porte de Douai.
Arrivez à l'heure ! À Paris, les lectures oulipiennes attirent chaque
mois
plus de 400 auditeurs.
Vendredi 14 et samedi 15 de 9h à 12h et de 14h à 17h, ateliers
d'écriture
au Prato et à la médiathèque de Moulins, à l'occasion de "lire en fête"
avec Hervé Le Tellier, Ian Monk, Olivier Salon, Frédéric Forte,
l'association Filigrane, "la petite
manufacture de textes", animée par Robert Rapilly, d'autres invités sans
doute.
D'octobre à décembre, un trimestre d'ateliers auprès de lycéens,
d'adultes
en formation continue, du public des médiathèques et du théâtre qui
"tisseront la langue à la machine".
Samedi 10 décembre de 10h à 18h, fête oulipienne à l'Odyssée,
794, avenue
de Dunkerque 59160 Lomme, métro Maison des Enfants : ateliers,
expositions
et lectures rassemblant les participants depuis octobre. Présentation
d'automates à fabriquer de la poésie, conçus et construits en lycées
professionnels.
Les vers à soie
Les vers à soie murmurent dans le mûrier
ils ne mangent pas ces mûres blanches et molles
pleines d'un sucre qui ne fait pas d'alcool
les vers à soie qui sont patients et douillets
mastiquent les feuilles avec un bruit mouillé
ça les endort mais autour de leurs épaules
ils tissent un cocon rond aux deux pôles
à fil de bave, puis dorment rassurés
En le dévidant on tire un fil de soie
dont on fait pour une belle dame une robe
belle également qu'elle porte avec allure
Quand la dame meurt on enterre la soie
avec elle et on plante, sur sa tombe en octobre,
un mûrier où sans fin les vers à soie murmurent
Jacques Roubaud - Les animaux de tout le monde (Seghers)
En voici une
version hébraïque

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