Proposition 1 : Etre mathématicien,
pour Queneau, c'est être lecteur de mathématique(s)
Proposition 2 : Etre mathématicien,
pour Queneau, c'est être amateur en mathématique(s).
Proposition 3 : Le domaine
privilégié de Queneau, producteur de mathématique(s), est la
combinatoire. Plus précisément :
a) particulièrement la combinatoire des nombres
naturels, des entiers.
b) non les problèmes de dénombrement mais ceux
de l'engendrement récursif des suites par des procédés finis,
simples, dont l'application engendre la complexité.
Proposition 4 : Cette
combinatoire s'inscrit dans une tradition occidentale très ancienne
presque aussi vieille que la mathématique occidentale.
Proposition 5 : La nature
des phrases est lacunaire et la combinatoire de leur construction est
plutôt de l'ordre de l'intrication que de la concaténation, la
substitution et la permutation d'éléments insécables.
Proposition 6 : Se
comporter, vis-à-vis du langage, comme s'il était mathématisable;
et le langage est, de plus, mathématisable dans une direction bien spécifiée.
Proposition 7 : Le
langage, s'il est manipulable par le mathématicien, l'est parce qu'il
est mathématisable. Il est donc discret (fragmentaire), non aléatoire
(continu déguisé) sans taches topologiques, maîtrisable par
morceaux.
Conjecture 1 : L'arithmétique
s'occupant du langage suscite les textes.
Conjecture 2 : Le langage
produisant des textes suscite l'arithmétique.
Proposition 8 : Le travail
oulipien est naïf.
Proposition 9 : Le travail
oulipien est amusant.
Proposition 10 : Le
travail oulipien est artisanal.
Proposition 11 : Les
oulipiens dans leur travail oulipien, qu'ils soient mathématiciens,
ou non, ou encore "et non", satisfont très généralement
aux conditions des propositions 8, 9 et 10.
Proposition 12 : une bonne
contrainte oulipienne est une contrainte simple.
Axiome : La contrainte est
un principe non un moyen.
Proposition 13 : Le
travail de l'Oulipo est un anti-hasard.
Proposition 14 : Une
contrainte est un axiome d'un texte.
Proposition 15 : L'écriture
sous contrainte oulipienne est l'équivalent littéraire d'un texte
mathématique formalisable selon la méthode axiomatique.
Proposition 16 : La
contrainte idéale ne suscite qu'un texte.
Proposition 17 : Il n'y a
plus de règles depuis qu'elles ont survécu à la valeur.
Proposition 18 : La mathématique
répare la ruine des règles.