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Jacques Antel
Ceux que la Muse habite
Mille et une nuits (2005), 186 pages, 3 euros
En charge de la chaire de Contrepet du Collège de 'Pataphysique, Jacques
Antel nous régale d'une anthologie inattendue qui nous fera revoir nos
classiques.
« Votre bonne mine est un Pérou », s'extasie le valet Dubois devant son
maître, dans Les Fausses Confidences, sans penser à mal... A moins que
la langue du comédien ne fourche, intervertissant le m et p ! La
contrepèterie involontaire de Marivaux éclaterait alors aux oreilles de
tous. Jacques Antel est l'un de ceux dont la lecture est guidée par le
génie du contrepet qui l'aide à démasquer parmi les vers ou les textes
les plus académiques de la langue française, l'allusion cachée et
scabreuse, qui apparaît là, contre le gré du poète.
Pour un « J'aime le son du cor » bien connu, « Vous ne connaissiez point
ni l'amour ni les traits » (Corneille), « Passent le sein des mers »
(Voltaire) ou « Nous sommes les proscrits, nous habitons l'abîme » (Paul
Valéry) vous permettront de briller en société.
Pour la route cherchez dans ce binaire
De l'empire persan les bornes reculées (Racine, Bajazet)
Son flambeau de Sestos allume le doux phare (Hugo, Odes
et Ballades)
Ceux que la Muse habite répertorie, sous forme de dictionnaire, près de
800 contrepets, sans compter les cas en plus,
bien sûr involontaires. .3,75 cents d'euro les dix. Un cadeau. |