Voici donc une réécriture lipogrammatique du poème d’Apollinaire, à
la manière de Perec. J’ai inventé « scoriation », forgé
sur « scorie » et qui se comprend donc assez bien. « Ptosis »
existe (espèce d’affaissement de la paupière), et les bonobos sont
bien connus depuis que des documentaires télévisés se sont extasiés
sur leur vigueur et leur imagination sexuelles. La signature est le nom
original d’Apollinaire (ça tombe bien).
J’ai essayé à travers cet exercice de me plier aux
exigences de l’exercice :
-comme bien des lieder, celui-ci serait la mise en
musique de l’œuvre d’un grand poète (certes un peu revu…), cf.
Schubert avec Goethe, etc.
-la référence à la nationalité se fait
indirectement, puisque la voyelle supprimée est la plus répandue de la
langue française ; en outre, cette suppression conduit à la
multiplication des voyelles nasalisées, on, in, en, propres au français
et qui sont, j’imagine, le cauchemar des chanteurs (et un défi pour le
musicien…) D’autre part, comme le cadre du poème est l’Allemagne,
je récupère une contrainte secondaire (allusion aux autres pays parties
prenantes du projet)
-il me semble enfin que le défi que j’ai tenté de
relever doit pouvoir trouver des contraintes musicales plus ou moins
équivalentes.