Les textes
figurant ici sont des extraits de La Vie mode d’emploi.
Les parties du texte qui ne sont pas en accord avec
le tableau ont été mises entre crochets, et restent dans la même police
d’écriture. Mes remarques apparaissent aussi entre crochets, mais dans
une autre police.
Les dimensions des tableaux sont exprimées selon la
notation conventionnelle ( H
x L ) où H = la
hauteur exprimée en cm, et L = la largeur en cm.
L’ordre suivi est naturellement celui que Perec a
adopté dans sa liste, avec les dénominations qu’il a retenues dans son
Cahier : Allusions & Détails. Sur ce Cahier, et parfois encore
dans les listes des contraintes apparaissent des choix auxquels Perec
a finalement renoncé :
Un Bureau de coton…, de Degas, avant
d’opter pour Le Chariot de foin, de Bosch.
La Leçon d’anatomie, de Rembrandt, au
lieu de La Tempête, de Giorgione.
Et Chardin au lieu de Baugin.
On lira donc, successivement, les allusions à :
1. Arnolfini, (Portrait
des époux Arnolfini), de Jan Van Eyck.
2. Saint Jérôme dans son cabinet
de travail, d’Antonello de Messine.
3. Les Ambassadeurs, de Hans
Holbein le Jeune.
4. La Chute d’Icare, de
Pieter Bruegel le Vieux.
5. Les Ménines de Diego
Vélasquez.
6. La Tempête, de Giorgione.
7. Metsys (Quentin), Le Banquier et sa
femme.
8. Carpaccio (Vittorio), Le Songe de
sainte Ursule.
9. Bosch (Jérôme), Le Chariot de foin.
0. Baugin (Lubin), Nature morte à
l’échiquier.
En gras, j’ai noté le nom que Perec a le plus
souvent employé dans ses listes pour désigner le tableau.
Le tableau
Saint
Jérôme dans son cabinet de travail par
Antonello de Messine (Londres, National Gallery) a été l’objet
d’une description minutieuse de Perec, qui nous montre le souci de
précision, d’exhaustivité, qui caractérisait l’art de ce conteur
cf Texte de
Georges Perec, Espèces d’espaces, p. 117-118, Galilée 1974.
Le cabinet de travail est un meuble de bois posé sur le carrelage d’une
cathédrale. Il repose sur une estrade à laquelle on accède par trois
marches et comprend principalement six casiers chargés de livres et de
divers objets (surtout des boîtes et un vase), et un plan de travail
dont la partie plane supporte deux livres, un encrier et une plume, et
la partie inclinée le livre que le saint est en train de lire. Tous ses
éléments sont fixes, c’est-à-dire constituent le meuble proprement dit,
mais il y a aussi sur l’estrade un siège, celui sur lequel le saint est
assis, et un coffre.
Le saint s’est déchaussé pour monter sur l’estrade. Il a posé son
chapeau de cardinal sur le coffre. Il est vêtu d’une robe rouge (de
cardinal) et porte sur la tête une sorte de calotte également rouge. Il
se tient très droit sur son siège, et très loin du livre qu’il lit. Ses
doigts sont glissés à l’intérieur des feuillets ou bien comme s’il ne
faisait que feuilleter le livre, ou bien plutôt comme s’il avait besoin
de se reporter souvent à des portions antérieures de sa lecture. Au
sommet d’une des étagères, faisant face au saint et très au-dessus de
lui, se dresse un minuscule Christ en croix.
Sur un côté des étagères sont fixées deux patères austères dont l’une
porte un linge qui est peut-être un amict ou une étole, mais plus
vraisemblablement une serviette.
Sur une avancée de l’estrade, se trouvent deux plantes en pots dont
l’une est peut-être un oranger nain, et un petit chat tigré dont la
position laisse à penser qu’il est en état de sommeil léger. Au-dessus
de l’oranger, sur le panneau du plan de travail, est fixée une étiquette
qui, comme presque toujours chez Antonello de Messine, donne le nom du
peintre et la date d’exécution du tableau.
De chaque côté et au-dessus du cabinet de travail, on peut se faire une
idée du reste de la cathédrale. Elle est vide, à l’exception d’un lion
qui, sur la droite, une patte en l’air, semble hésiter à venir déranger
le saint dans son travail. Sept oiseaux apparaissent dans l’encadrement
des hautes et étroites fenêtres du haut. Par les fenêtres du bas, on
peut voir un paysage doucement accidenté, un cyprès, des oliviers, un
château, une rivière avec deux personnages qui canotent et trois
pêcheurs.
L’ensemble est vu d’une vaste ouverture en ogive sur l’appui de laquelle
un paon et un tout jeune oiseau de proie * posent complaisamment
à côté d’une magnifique bassine de cuivre.
L’espace tout entier s’organise autour de ce meuble (et le meuble
tout entier s’organise autour du livre) : l’architecture glaciale de
l’église (la nudité de ses carrelages, l’hostilité de ses piliers)
s’annule : ses perspectives et ses verticales cessent de délimiter le
seul lieu d’une foi ineffable ; elles ne sont plus là que pour donner au
meuble son échelle, lui permettre de s’inscrire : au centre de
l’inhabitable, le meuble définit un espace domestiqué que les chats, les
livres et les hommes habitent avec sérénité.
*
c’est en réalité une perdrix !
7.c. 1.
Portrait des époux
Arnolfini
de Jan
Van
Eyck
(v.1390 - Bruges, 1441)
[nommé
aussi Le
Mariage des Arnolfini]
Ch. 37,
p. 218(868), « alcôve tendue de rideaux rouges avec un lit
entièrement revêtu de [tout petits coussins multicolores] ».
Ch. 39,
p. 224(875), « Jeanne de Chénany »
[nom
de la femme, selon le Baedeker’s London, mais elle est
aussi appelée Giovanna Cenami].
Ch. 57, p. 334(990), « suspension aux
branches de cuivre ajouré qui semble une copie en réduction d’un lustre
d’intérieur hollandais ».
Ch. 76, p. 454(1119), « (photographies
de) mariage [...] le jeune couple, lui prenant dans sa main la main
ouverte qu’elle lui tend, debout [devant des...] ».
Ch. 78, p. 468(1134), « des sortes de
socques de bois maintenus au pied par une large lanière de cuir ».
Ch. 79, p. 472(1138), « un jeune
Italien venu [...] Bruges [...] son chien, une sorte de petit barbet
à poils frisés [...] Les Très Riches Heures du Duc de Berry ».
[Giovanni
Arnolfini était un marchand, originaire de Lucques, et établi à Bruges.]
Ch. 82,
p. 487(1155), « une orange »
[sur
l’appui de la fenêtre].
Ch. 96,
p. 574(1251), « Au pied du lit il y a des mules à semelles
de bois ».
Ch. 98,
p. 595(1273), « un grand miroir [de soixante-dix-huit centimètres] ».
Ch. 99, p. 598(1276), « un tout petit
portrait en pied d’un homme de la Renaissance, au visage en lame de
couteau, portant un chapeau à larges bords et un long manteau de
fourrure ».

Portrait des époux Arnolfini
de
Jan Van Eyck (v.1390-1441,
Bruges)
( huile sur bois, ( 84,5
x
62,5 ), 1434, Londres, National Gallery)
7.c. 2
Saint
Jérôme
dans son cabinet de travail
d’
Antonello
de Messine (1430-1479)
Ch. 1,
p. 20(658), « une sorte de récipient en cuivre sans anses » .
Ch. 7,
p. 46(685), « et un coffre Renaissance » .
Ch. 21, p. 107(751), « un mouchoir
rouge noué aux quatre coins qui évoque vaguement une calotte de
cardinal » .
Ch. 25, p. 146(792), « la serviette de
lin bise à franges, à double bordure bistre, pendue à un clou » .
Ch. 27, p. 159(805), « entre les deux
pots (à pieds coniques), décorés de chevrons noirs et blancs, plantés de
touffes bleuâtres [de romarin] [...] fleurs d’oranger » .
p. 162(808), « les deux pots [de romarin] »
[voir
le
cahier Allusions,
pour
romarin].
*Ch. 33, p. 205(853), [pour
remplacer Les Ménines,
à cause de la contrainte
Faux]
«
un homme manifestement presbyte, en train de lire un livre posé sur un
pupitre incliné » .
Ch. 43,
p. 244(894),
« Anton
Tailor & Shirt-Maker
16 bis, avenue de Messine
Paris 8e
surmontant une silhouette de lion » .
*Ch. 44,
p. 251(901) [et
Préambule, p. 17(656)] « un oranger nain ».[*En
plus de Carpaccio]
Ch. 51,
p. 292(946), « l’antique lion [de pierre] » .
Ch. 53, p. 309(964-5), « un paysage
tout entier avec un ciel bleu pâle parsemé de petits nuages blancs, un
horizon de collines mollement ondulées aux flancs couverts de vignes, un
château, deux routes au croisement desquelles galopait un cavalier vêtu
de rouge monté sur un cheval bai, un cimetière avec deux fossoyeurs
portant des bêches, un cyprès, des oliviers, une rivière bordée de
peupliers avec trois pêcheurs assis au bord des rives, et, dans une
barque, deux tout petits personnages vêtus de blanc » .
*Ch. 59,
p. 350(1007), « sur un lion [de pierre] » . [*En
plus des Ambassadeurs]
Ch. 65, p. 394(1054-5), « un
spectaculaire carrelage, alternance de rectangles blancs, gris et ocres
parfois décorés de motifs en losange ».
Ch. 66, p. 397(1058), « quelques livres
enluminés avec des reliures et des fermoirs de métal incrustés d’émaux […]
une
étonnante gravure [...] représentant à gauche un paon vu de
profil, épure sévère et rigide où le plumage se ramasse en une masse
indistincte et presque terne et auquel seuls le grand œil bordé de blanc
et l’aigrette en couronne donnent un frisson de vie, [et à gauche,
le même animal vu de face, faisant la roue...] » .

Saint Jérôme dans son cabinet de travail,
d’ Antonello de Messine (1430-1479)
( huile sur bois, ( 46
x
36,5 ), 1460, Londres, National Gallery)
7.c. 3
Les Ambassadeurs
de Hans
Holbein
le Jeune (Augsbourg, 1497–Londres, 1543)
Ch. 3, p. 30(668), « [réception
donnée] en 1890 par Lord Radnor dans les salons de Longford
Castle ». [Lord
Radnor fut, jusqu’en 1890, propriétaire du tableau.]
Ch. 14, p. 77(719), « Dinteville »
[Jean
de Dinteville, ambassadeur de France à Londres, est le personnage
représenté à gauche ; à droite est Georges de Selve, évêque de Lavaur.]
Ch. 36, p. 216(866), « Hermann Fugger »
[Les
Fugger, riches banquiers d’Augsbourg, XVIe s].
**Ch. 45,
Remplace, à cause de la contrainte Faux, une allusion aux
Ménines attendue.
p. 258(908), « un choral de Luther publié à Wittenberg
en 1524 dans le célèbre Geystliches Gesangbuchlein de Johann
Walther ».
[la
partition à côté du luth]
.
Ch. 46, p. 266(916), « un globe
terrestre que son manche en bois tourné faisait ressembler à une toupie.
C’était un des premiers globes connus ».
Ch. 59, p. 351(1008), « un effet
d’anamorphose [...] trois personnages. Deux sont debout, de chaque côté
d’un meuble haut chargé de livres, de petits instruments [et de jouets]
divers : des kaléidoscopes astronomiques montrant les douze
constellations du Zodiaque, d’Aries à Pisces, des planétariums miniature
du genre Orrery, [...] Le
personnage de gauche est un homme corpulent [...] combinaison […]
noir avec des bandes blanches, bonnet noir [...]
Le personnage de droite[...] est vêtu d’une longue
robe noire à reflets rougeâtres . Le
troisième personnage se trouve au premier plan, [...]
[là
où est l’anamorphose du crâne !]
Le sol, peint avec
une précision extrême, est un carrelage géométrique dont les motifs
reproduisent la mosaïque de marbre, apportée de Rome vers 1268 par des
artisans italiens pour le chœur de l’Abbaye de Westminster dont Robert
Ware était alors abbé. »
Ch. 75, p. 448(1112), « [sortie aux]
Ambassadeurs [de son film] ».
p. 451(1115), « Le
Seigneur de Polisy ». [de
Dinteville avait un château à Polisy.]
Ch. 81,
p. 485(1153), « l’ancienne médaille de l’Ordre de Saint-Michel »
[au
cou de Dinteville].
Ch. 85, p. 508(1179), « Qui était
l’ami de John Leland ? »
p. 674(1344), « Wyatt (Thomas), 1503-1542 , poète
et diplomate anglais, ami de John Leland ».
[Certains
experts voient leurs portraits dans ce tableau.]
Ch. 89,
p. 545(1220), « un luth sur une [table] : le luth est tourné vers le
ciel, en pleine lumière ».
* p. 547(1222), « aux Ambassadors de Londres » .
[allusion non signalée par Perec.]
Ch. 91, p. 556(1232), « un goniomètre,
sorte de rapporteur en bois articulé, réputé avoir appartenu à
l’astronome Nicolas Kratzer ... » [dont
Holbein fit le portrait en 1528] .

Les Ambassadeurs
de Hans Holbein le Jeune (Augsbourg,
1497 – Londres, 1543)
( huile sur bois, ( 207
x
209,5 ), 1533, Londres, National Gallery)
7.c. 4
La Chute d’Icare
de
Pieter
Bruegel (Bréda, v. 1527
- Bruxelles, 1569)
Ch. 4, p. 32(670), « de grands navires
à voiles, des quatre-mâts de type portugais, armés de canons et de
couleuvrines, se préparant à rentrer au port ; le grand foc et la
brigantine sont gonflés par le vent ; des marins, grimpés dans les
cordages, carguent les autres voiles »
Ch. 24, p. 139(785-6), « un décor
champêtre où alternent un paysan labourant son champ et un berger qui,
appuyé sur sa houlette, le chapeau rejeté dans le dos, son chien en
laisse, ses moutons dispersés tout autour de lui, lève les yeux vers le
ciel. »
Ch. 48, p. 273(925), « et un paysan
grec avec une espèce de grand béret, une chemise rouge et un gilet gris,
poussant sa charrue ».
Ch. 49, p. 281(934), « des moutons
paissant au milieu desquels se trouvait une brebis sombre ».
Ch. 50, p. 284(937), « un paysage de
bord de bord de mer avec au premier plan une perdrix perchée sur la
branche dont le tronc tordu et tourmenté jaillit d’un amas de rochers
qui s’évase en une crique bouillonnante. Au loin, sur la mer, une barque
à voile triangulaire. »
Ch. 64, p. 381(1040), « dans un paysage
inattendu de falaises s’évasant en un port bien abrité avec des palais
de marbre et des toits rosâtres estompés par une brume légère. »
Ch. 69, p. 410(1072), « Icarus
».
Ch. 87, p. 516(1188), « un paysage
intitulé L’Île mystérieuse [et signé L.N. Montalescot] : il
représente un rivage dont la partie gauche, avec sa plage et sa forêt,
offre un abord agréable, mais dont la partie droite, faite de parois
rocheuses découpées comme des tours et percées d’une ouverture unique,
évoque l’idée d’une forteresse invulnérable ».
Ch. 92 [prévu
dans la liste des contraintes, rejeté par la contrainte du Manque.]
Ch. 97, p. 586(1263), « [un tableau
représentant] un paysage avec un coucher de soleil ».

La Chute d’Icare
de Pieter Bruegel
(près de
Bréda vers 1527 - Bruxelles, 1569)
( huile sur toile, ( 73,5
x 112
), 1558, Bruxelles, Musées Royaux des Beaux-Arts)
7.c. 5
Les Ménines
de Diego
Vélasquez
(Séville, 1599- Madrid, 1659)
Ch. 9, p. 57(697), « Joseph
Nieto ».
[José
Niéto de Velazquez, au service de la reine, est le personnage dans
l’escalier, au fond de la salle.]Ch.
13, p. 69(710), « un peintre, debout devant un grand chevalet,
cambrant la taille, renversant légèrement la tête en arrière ; il a de
longues moustaches effilées et des cheveux qui tombent en boucles sur
ses épaules. Il est vêtu d’un ample pourpoint et tient dans une main sa
palette, dans l’autre un long pinceau ».
Ch. 23, p. 134(779), « panneaux de bois
sculpté, de coloris sombre, qu’il est allé chercher en Espagne, et qui
proviennent, paraît-il, du palais du Prado ».
Ch. 28, p. 169(815), « placer entre deux
portes un haut miroir rectangulaire »
[dans
lequel se reflètent le roi Philippe IV et la reine Marianne, dont le
peintre est en train de faire le portrait].
Ch. 33 [remplacé
par Saint Jérôme
d’Antonello,
à cause de la contrainte Faux.]
Ch. 35,
p. 215(865), « une naine à faciès canin, vêtue d’une robe à
paniers »
[Maria
Barbola]
Ch. 40, p. 234(884), « l’archipel
Margarita-Teresa ».
[L’infante
Margerita est au centre du tableau.]
Ch. 45,
[remplacé
par
Les Ambassadeurs de
Holbein,
à cause de la contrainte Faux.]
Ch. 70, p. 418(1081), « la silhouette
sombre d’un homme en cape montant trois marches menant à (une jetée), à
demi retourné dans la direction du peintre ».
Ch. 84, p. 503(1173), « Nick
Pertusano, un nain ».
[Nicholas
Pertusato est le nain à droite ; sa voisine est Maria Barbola.]

Les Ménines
de Diego Vélasquez (Séville, 1599 -
Madrid, 1659)
( huile sur toile, ( 318
x
276 ), 1656, Madrid, Musée du Prado)
7.c. 6
La
Tempête de
Giorgione (Giorgio da Castelfranco, dit) (v. 1477-1510)
[Tableau
également appelé
L’Orage.
Giorgione
signifie « le grand Georges ». Son nom était Barberelli.]
Ch. 10, p. 59(701), « [... Jane
Sutton apparaît en page], debout, avec une culotte de brocart rouge à
parements d’or, bas rouge clair, une chemise blanche, et un pourpoint
court, sans col, de couleur rouge, à manches légèrement bouffantes, à
rebords de soie jaune effrangée. »
[Dans
son
Cahier :
Allusions & Détails ,
Perec a écrit
« Le personnage de droite »
alors qu’il
s’agit de celui
« de gauche »
du tableau !]
Ch. 12, p. 67(708), « une bâtisse
étroite et haute avec un balcon et un toit tronqué sur lequel est posée
une cigogne ».
Ch. 19,
p. 98(742), « un cheval ailé rouge »
Ch. 29, p. 175(821), « La
Tempesta di Mare, concerto en mi bémol majeur, op. 8, n° 5,
d’Antonio Vivaldi, ... »
Ch. 32,
p. 199(846-7), « une représentation réaliste d’un ciel lourd avec
effets d’orage ».
Ch. 56, p. 332(988), « [un
porte-parapluie :] un haut cylindre de plâtre peint imitant une colonne
antique ».
Ch. 58,
p. 342(999), « une planche de Zorzi da Castelfranco ».
Ch. 72, p. 428(1091), « ayant fait naufrage par suite de
tempête ».
Ch. 77, p. 456(1121), « une scène
antique et pastorale : la Nymphe Io allaitant son fils Epaphos sous la
tendre protection du dieu Mercure ».
Ch. 94,
p. 564(1240), « la marque « Caliban » ... »
[Caliban
est un personnage de La Tempête, pièce de Shakespeare.]

La Tempête
de Giorgione (Giorgio da
Castelfranco, dit), (v. 1477-1510)
( huile sur toile ( 82
x
73 ), 1505, Venise, Galerie de l’Accademia )
7.c. 7
Le Banquier et sa femme
de Quentin
Metsys
(Louvain, v.1465– Anvers, 1530)[Autres
titres : Le
Prêteur et sa femme
et Le
Changeur et sa femme
]
Ch. 6, p. 39(677), « des perles de
belle grosseur posées à droite de la plaque sur un petit coussin de soie
noire ».
Ch. 8, p. 51(690-1), « des " miroirs de
sorcières " en les insérant dans des moulures de bois
[inlassablement travaillées [...] d’impalpables dentelles de bois] au
centre desquelles le petit miroir poli semblait un regard métallique, un
œil froid, grand ouvert, chargé d’ironie et de malveillance. Le
contraste entre cette auréole [irréelle travaillée comme un vitrail
flamboyant,] et l’éclat gris et strict du miroir créait une impression
de malaise comme si cet encadrement [disproportionné, en quantité comme
en qualité,] n’avait été là que pour souligner cette vertu maléfique de
la convexité qui semblait vouloir concentrer en un seul point tout
l’espace disponible. »
Ch. 17, p. 91(734), « les boîtes [de
madeleines de Commercy] en bois déroulé ».
Ch. 20, p. 100(745), « un homme d’une
quarantaine d’années, portant un blouson à col de fourrure, assis [en
plein air] à une table [campagnarde] ».
Ch. 42, p. 241(851), « quelques
maximes du genre de Statura justa et aequa sint pondere ».
Ch. 54, p. 315(971), « une femme d’une
quarantaine d’années, petite et sèche, les lèvres minces. Elle est vêtue
d’un tailleur de velours rouge avec un col de fourrure. Pour regarder la
broche que son mari lui montre, elle a levé les yeux du livre qu’elle
était en train de consulter ».
Ch. 61, p. 367(1026), « une unique
pomme rouge sur une assiette d’étain ».
Ch. 62, p. 372(1031), « une petite boîte
à poids telle qu’en utilisaient les changeurs et les peseurs d’or, boîte
ronde dans laquelle les mesures [cylindriques] entrent les unes dans les
autres à la manière des poupées russes ».
Ch. 67, p. 403(1065), « [la
Vengeance du] Ferronnier de Louvain ».
Ch. 73, p. 432(1095), « [plusieurs]
étagère[s] [de profondeurs et de hauteurs différentes recouvertes d’un]
tissu vert gainé d’un ruban de cuir rouge fixé par des clous de cuivre à
grosse tête, [supportent tout] un assortiment [méticuleusement rangé] de
bibelots : un drageoir au corps de cristal, au pied et au couvercle
d’or, finement ciselé, des bagues anciennes présentées sur d’étroit[s]
cylindre[s] de carton blanc, une balance de changeur d’or, quelques
monnaies [...], un livre enluminé ouvert sur une miniature représentant
une Vierge à l’Enfant, [un cimeterre de Chiraz,] un miroir de bronze
[...] Par la porte entrebâillée on aperçoit un homme [...] »
p. 434(1097) « Massy ».
[L’orthographe
du patronyme du peintre est variable :
prénom : Quinten ou Quentin
nom : Metsijs ou Metsys ou Massys
ou Massy.]

Le Banquier et sa femme
de
Quentin Metsijs (Louvain, v. 1465 –
Anvers, 1530)
( huile sur bois, ( 70
x
67 ), 1514, Paris, Musée du Louvre)
7.c. 8
Le Songe de Sainte Ursule
de
Carpaccio
(Vittore) (v.1460 - v.1525)
Ch. 2, p. 23(661-2), « le visage ovale
d’une jeune fille endormie ; ses cheveux blonds relevés en torsade
au-dessus de son front sont maintenus par un double bandeau d’étoffe
tressée ; sa joue s’appuie sur sa main droite repliée en conque comme
si, en songe, elle était en train d’écouter. »
Ch. 16, p. 87(730), « Elle est couchée
dans son lit sous une couverture de laine [grise]. Elle rêve : un
[croque-mort aux yeux brillants de haine] se tient en face d’elle,
debout, sur le pas de la porte; de sa main droite à demi levée il
présente [un bristol bordé de noir]. Sa main gauche supporte [un
coussin] ... »
[Ch.
22, p. 116(760),
sans que la contrainte du
Faux
soit la cause du remplacement,
Perec
a substitué
à ce tableau un autre, également de
Carpaccio,
Saint Georges terrassant le dragon
(Scuola
San Giorgio degli Schiavoni, Venise).
[reproduit
en page 114]
« un chevalier en armure pourfendant de
sa lance le [spectre de la grippe personnifié par un vieillard
grincheux] à plat ventre dans un paysage nappé de brume ». Mais
on trouve aussi dans ce chapitre
« Ursula
Sobieski »,
dont le prénom évoque
sainte
Ursule.
Perec met dans son
Cahier : Allusions
& Détails « Prénom de Sobieski ? »
et dans la
liste des contraintes
du chapitre « rajouter Ste
Ursule ».]
Ch. 26, p. 152(798), « C’est une pièce
presque vide, meublée seulement de [quelques] chaise[s] [paillées], de
[deux] tabouret[s] à trois pieds garni[s] d’une galette rouge à petites
franges et d’une longue banquette à dossier droit, [recouverte d’une
moleskine verdâtre] ... »
Ch. 34, p. 206(855), « un jeune
[homme] aux longs cheveux évoquant lointainement un portrait de
la Renaissance italienne ».
Ch. 41, p. 237(887), « [un oratorio,
Proud Angels, dont le livret se fonde sur l’histoire de la
Chute des] Ange[s] ».
Ch. 44, p. 250(900), « la table avec
son tapis rouge à franges jaunes très claires, presque blanches,
supportant un pupitre avec un livre ouvert ».
Ch. 83,
p. 497(1167), « [arrosant au compte-gouttes leur] myrte dans son vase
[de cuivre rouge] ».
Ch. 86, p. 511(1183), « [trois]
statuette[s] peut-être antique[s] : un tout jeune Atlas portant sur son
épaule [gauche] un globe en réduction ».
[sur
le tableau c’est l’épaule droite !]
[Remarques :
Il y a seulement 9 allusions sur les 10 prévues par le bicarré 7cd :
la dixième manque car elle concernait la case ( 0,1 ), le coin inférieur
gauche, disparu du récit.
L’allusion du chapitre 44 se retrouve dans le Préambule.]

Le Songe de Sainte Ursule
de Carpaccio (Vittore) (v. 1460- v. 1525)
( huile sur toile, ( 274
x
267 ), Venise, Galerie de l’Accademia)
7.c. 9
Le chariot de foin
de
Jérôme Bosch
(Hertogenbosch,
v. 1450 – Hertogenbosch, 1516)
[dit
aussi
La charrette
de foin,
et Jérôme est la traduction de Hieronymus ou Jheronimus.]
Ch. 5 [« Oubliée »
par Perec, à une époque où il n’avait pas choisi Bosch, et pensait à
Degas].
Ch. 11, p. 63(704), « un moine, gros et
court, assis, tenant dans sa main droite un gobelet ; il est vêtu d’une
longue robe grise, avec une cordelière ; sa tête et ses épaules sont
prises dans un capuchon noir ».
Ch. 18, p. 93(736), « un bœuf portant
sur son dos un homme nu, casqué, qui tient dans sa main un ciboire »
[sur
le panneau de droite].
Ch. 47, p. 269(920), « un homme
armé d’un bâton, portant besace et poursuivi par un chien, que l’on
nomme le mat, c’est-à-dire le fou »
[sur
les panneaux du triptyque fermé].
Ch. 52.
Oubli !
Perec annonçait dans son
Cahier : « les maçons en train de
construire un château d’eau »
(scène
figurant bien sur le panneau de droite du triptyque).
Une telle phrase est introuvable dans ce chapitre.
Et il n’y a, dans ce chapitre,
aucune autre allusion
à une scène figurant dans ce tableau.
Ch. 71, p. 425(1086), « l’arracheur de
dents avec son bonnet rouge [et ses prospectus multicolores ;] et un
joueur de cornemuse qui l’accompagnait et qui soufflait dans ses tuyaux
le plus fort possible et horriblement faux pour couvrir les cris des
malheureux patients ».
Ch. 74, p. 447(1111), « des monstres
démoniaques à corps d’oiseau, de porc ou de poisson ».
[Ch.
88, remplacé,
à cause de la contrainte Faux, par
« un
autre Bosch : l’autoportrait ( ? ) de l’Epiphanie ».] [reproduit
en page 115]
p. 533(1206), « les Rois Mages : ce sont trois personnages,
l’un agenouillé, les deux autres debout, dont un [seul est resté à peu
près intact : il] porte une longue robe avec des manches à crevés ; une
épée est pendue à sa taille et il tient dans sa main gauche* une
sorte de drageoir ; il a des cheveux noirs et est coiffé d’un curieux
chapeau orné d’un médaillon, tenant à la fois du béret, du tricorne, de
la couronne et du bonnet. »] [*
droite
sur le tableau.]
Ch. 90 p. 551(1226) « le curieux
emblème que, toute sa vie, il a associé à ses activités : une pomme
rouge cordiforme transpercée de part en part par un long ver et entourée
de petites flammes. »
Ch.93 p. 562(1238) « une sorte de
diable à longue queue hissant au sommet d’une échelle un large plateau
rond couvert de mortier »
[sur
le panneau de droite du triptyque ouvert.]




Le chariot de foin
de
Jérôme Bosch (Hertogenbosch, v.1450 –
Hertogenbosch; 1516
( triptyque, huile sur bois, panneau central ( 135
x 100
), 1500, Madrid, Musée du Prado )
7.c. (1)0
Nature morte à
l’échiquier de
Lubin Baugin
(Pithiviers,
1610 - ?, 1663)
Ch. 15, p. 85(727), « une table
[recouverte d’un drap vert] sur laquelle sont posés [d’autres volumes,
une mappemonde, et] une partition de musique, d’un format à l’italienne,
ouverte ».
Ch. 30, p. 179(826), « une mandore du
XVIIe
siècle ».
Ch. 31, p. 181(827), « une de ces
célèbres Vanités [de l’école strasbourgeoise : un crâne entouré
d’] attributs se rapportant aux cinq sens […] le goût […]
verre de vin ; le toucher […] ; l’audition […] ; la vue […] ;
l’odorat enfin […] œillets ».
Ch. 38, p. 221(871), «
le valet de trèfle […] Lancelot ! »
Ch. 55, p. 323(978), « ce pain rond
utilisé pour les pans bagnats […] Pithiviers ».
Ch. 60, p. 359(1018), « trois œillets
dans un vase en verre à corps sphérique, à col court ».
Ch. 63, p. 379(1038), « une aumônière,
une bourse de cuir vert fermée par un cordonnet de cuir noir ».
Ch. 68, p. 407(1069), « un échiquier
[de voyage] ».
Ch. 80, p. 480(1147), « une assiette
octogonale en étain ».
Ch. 95, p. 570(1246), « le très beau
verre de cristal taillé ».

Nature morte à l’échiquier
de Lubin Baugin (Pithiviers,
1610 - ?, 1663)
( huile sur bois, ( 55
x 73
), 1630, Paris, Musée du Louvre)
Tableaux supplémentaires
Ch. 22, p. 116(760),
en remplacement du Songe de Ste Ursule