Allusions aux dix tableaux

Construction du roman Les 21 bicarrés latins Allusion aux tableaux Les citations des 20 auteurs Allusions aux livres Couples 41-42


Niveau supérieur ]

 

Allusions aux dix tableaux programmés

 

Les textes figurant ici sont des extraits de  La Vie mode d’emploi.

  

Les parties du texte qui ne sont pas en accord avec le tableau ont été mises entre crochets, et restent dans la même police d’écriture. Mes remarques apparaissent aussi entre crochets, mais dans une autre police.

Les dimensions des tableaux sont exprimées selon la notation conventionnelle   ( H x L )  où H =  la hauteur exprimée en cm,  et L = la largeur en cm.

L’ordre suivi est naturellement celui que Perec a adopté dans sa liste, avec les dénominations qu’il a retenues dans son Cahier : Allusions & Détails. Sur ce Cahier, et parfois encore dans les listes des contraintes  apparaissent des choix auxquels Perec a  finalement renoncé :

   Un Bureau de coton…, de Degas, avant d’opter pour Le Chariot de foin, de Bosch.

   La Leçon d’anatomie, de Rembrandt, au lieu de La Tempête, de Giorgione.

   Et Chardin au lieu de Baugin.

On lira donc, successivement, les allusions à :

1.  Arnolfini, (Portrait des époux Arnolfini), de Jan Van Eyck.

2.  Saint Jérôme dans son cabinet de travail, d’Antonello de Messine.

3.  Les Ambassadeurs, de Hans Holbein le Jeune.

4.  La Chute d’Icare, de Pieter Bruegel le Vieux.

5.  Les Ménines de Diego Vélasquez.

6.  La Tempête, de Giorgione.

7.  Metsys (Quentin), Le Banquier et sa femme.

8.  Carpaccio (Vittorio),  Le Songe de sainte Ursule.

9.  Bosch (Jérôme),  Le Chariot de foin.

0.  Baugin (Lubin), Nature morte à l’échiquier.

En gras, j’ai noté le nom que Perec a le plus souvent employé dans ses listes pour désigner le tableau.

Le tableau  Saint Jérôme dans son cabinet de travail  par Antonello de Messine   (Londres, National Gallery) a été l’objet d’une description minutieuse de Perec, qui nous montre le souci de précision, d’exhaustivité, qui caractérisait l’art de ce conteur cf Texte de Georges Perec, Espèces d’espaces, p. 117-118, Galilée 1974.    Le cabinet de travail est un meuble de bois posé sur le carrelage d’une cathédrale. Il repose sur une estrade à laquelle on accède par trois marches et comprend principalement six casiers chargés de livres et de divers objets (surtout des boîtes et un vase), et un plan de travail dont la partie plane supporte deux livres, un encrier et une plume, et la partie inclinée le livre que le saint est en train de lire. Tous ses éléments sont fixes, c’est-à-dire constituent le meuble proprement dit, mais il y a aussi sur l’estrade un siège, celui sur lequel le saint est assis, et un coffre.    Le saint s’est déchaussé pour monter sur l’estrade. Il a posé son chapeau de cardinal sur le coffre. Il est vêtu d’une robe rouge (de cardinal) et porte sur la tête une sorte de calotte également rouge. Il se tient très droit sur son siège, et très loin du livre qu’il lit. Ses doigts sont glissés à l’intérieur des feuillets ou bien comme s’il ne faisait que feuilleter le livre, ou bien plutôt comme s’il avait besoin de se reporter souvent à des portions antérieures de sa lecture. Au sommet d’une des étagères, faisant face au saint et très au-dessus de lui, se dresse un minuscule Christ en croix.    Sur un côté des étagères sont fixées deux patères austères dont l’une porte un linge qui est peut-être un amict ou une étole, mais plus vraisemblablement une serviette.    Sur une avancée de l’estrade, se trouvent deux plantes en pots dont l’une est peut-être un oranger nain, et un petit chat tigré dont la position laisse à penser qu’il est en état de sommeil léger. Au-dessus de l’oranger, sur le panneau du plan de travail, est fixée une étiquette qui, comme presque toujours chez Antonello de Messine, donne le nom du peintre et la date d’exécution du tableau.    De chaque côté et au-dessus du cabinet de travail, on peut se faire une idée du reste de la cathédrale. Elle est vide, à l’exception d’un lion qui, sur la droite, une patte en l’air, semble hésiter à venir déranger le saint dans son travail. Sept oiseaux apparaissent dans l’encadrement des hautes et étroites fenêtres du haut. Par les fenêtres du bas, on peut voir un paysage doucement accidenté, un cyprès, des oliviers, un château, une rivière avec deux personnages qui canotent et trois pêcheurs.    L’ensemble est vu d’une vaste ouverture en ogive sur l’appui de laquelle un paon et un tout jeune oiseau de proie * posent complaisamment à côté d’une magnifique bassine de cuivre.    L’espace tout entier s’organise autour de ce meuble (et le meuble tout entier s’organise autour du livre) : l’architecture glaciale de l’église (la nudité de ses carrelages, l’hostilité de ses piliers) s’annule : ses perspectives et ses verticales cessent de délimiter le seul lieu d’une foi ineffable ; elles ne sont plus là que pour donner au meuble son échelle, lui permettre de s’inscrire : au centre de l’inhabitable, le meuble définit un espace domestiqué que les chats, les livres et les hommes habitent avec sérénité.

* c’est en réalité une perdrix !

7.c. 1.       Portrait des époux Arnolfini   de  Jan Van Eyck  (v.1390 -  Bruges, 1441)

             [nommé aussi            Le Mariage des Arnolfini]

Ch. 37,  p. 218(868),   «  alcôve tendue de rideaux rouges avec un lit entièrement revêtu de        [tout petits coussins multicolores] ».

Ch. 39,  p. 224(875),   « Jeanne de Chénany »   [nom de la femme, selon le  Baedeker’s London, mais elle est aussi appelée Giovanna Cenami].

Ch. 57,  p. 334(990),   «  suspension aux branches de cuivre ajouré qui semble une copie en réduction d’un lustre d’intérieur hollandais ».  

Ch. 76,  p. 454(1119),  «  (photographies de) mariage [...]  le jeune couple, lui prenant dans sa main la main ouverte qu’elle lui tend, debout [devant des...] ».

Ch. 78,  p. 468(1134),  «  des sortes de socques de bois maintenus au pied par une large lanière de cuir  ».  

Ch. 79,  p. 472(1138),  «  un jeune Italien venu [...]  Bruges  [...]  son chien, une sorte de petit barbet à poils frisés [...]   Les Très Riches Heures du Duc de Berry  ».

[Giovanni Arnolfini était un marchand, originaire de Lucques, et établi à Bruges.]

Ch. 82,  p. 487(1155),    «  une orange »                      [sur l’appui de la fenêtre].

Ch. 96,  p. 574(1251),    «  Au pied du lit  il y a des mules à semelles de bois ».

Ch. 98,  p. 595(1273),   «  un grand miroir [de soixante-dix-huit centimètres] ».

Ch. 99,  p. 598(1276),   «   un tout petit portrait en pied d’un homme de la Renaissance, au visage en lame de couteau, portant un chapeau à larges bords et un long manteau de fourrure ». 
 

..\Mes images\van-eyck-arnolfini.png

Portrait des époux Arnolfini

de                 Jan Van Eyck  (v.1390-1441, Bruges)

( huile sur bois,  ( 84,5 x 62,5 ), 1434, Londres, National Gallery)

 

7.c. 2    Saint Jérôme dans son cabinet de travail  d’ Antonello de Messine (1430-1479)

Ch. 1,  p. 20(658),    «  une sorte de récipient en cuivre sans anses  » .

Ch. 7,  p. 46(685),    « et un coffre Renaissance  » .

Ch. 21,  p. 107(751),  «  un mouchoir rouge noué aux quatre coins qui évoque vaguement une calotte de cardinal  » .

Ch. 25,  p. 146(792),  «  la serviette de lin bise à franges, à double bordure bistre, pendue à un clou  » .

Ch. 27,  p. 159(805),   «  entre les deux pots (à pieds coniques), décorés de chevrons noirs et blancs, plantés de touffes bleuâtres [de romarin] [...]  fleurs d’oranger » .             p. 162(808),  « les deux pots [de romarin] » [voir le cahier Allusions, pour  romarin].

*Ch. 33,  p. 205(853),     [pour remplacer Les Ménines, à cause de la contrainte Faux] «  un homme manifestement presbyte, en train de lire un livre posé sur un pupitre incliné  » .

Ch. 43,  p. 244(894),       

 « Anton

Tailor & Shirt-Maker
16 bis, avenue de Messine
Paris 8e 
surmontant une silhouette de lion » .

*Ch. 44, p. 251(901) [et Préambule, p. 17(656)]  « un oranger nain ».[*En plus de Carpaccio]

Ch. 51,  p. 292(946),     «  l’antique lion [de pierre] » .

Ch. 53,  p. 309(964-5),   « un paysage tout entier avec un ciel bleu pâle parsemé de petits nuages blancs, un horizon de collines mollement ondulées aux flancs couverts de vignes, un château, deux routes au croisement desquelles galopait un cavalier vêtu de rouge monté sur un cheval bai, un cimetière avec deux fossoyeurs portant des bêches, un cyprès, des oliviers, une rivière bordée de peupliers avec trois pêcheurs assis au bord des rives, et, dans une barque, deux tout petits personnages vêtus de blanc » . 

*Ch. 59,  p. 350(1007),  «  sur un lion [de pierre] » .          [*En plus des Ambassadeurs]

Ch. 65,  p. 394(1054-5),  «  un spectaculaire carrelage, alternance de rectangles blancs, gris et ocres parfois décorés de motifs en losange ».

Ch. 66,  p. 397(1058),  «  quelques livres enluminés avec des reliures et des fermoirs de métal incrustés d’émaux []

une étonnante gravure [...] représentant à gauche  un paon vu de profil, épure sévère et rigide où le plumage se ramasse en une masse indistincte et presque terne et auquel seuls le grand œil bordé de blanc et l’aigrette en couronne donnent un frisson de vie, [et à gauche, le même animal vu de face, faisant la roue...] » . 

..\Mes images\stjerome.jpg

Saint Jérôme dans son cabinet de travail,

d’ Antonello de Messine  (1430-1479)

( huile sur bois, ( 46 x  36,5 ), 1460, Londres,  National Gallery)


7.c. 3   Les Ambassadeurs de Hans Holbein le Jeune (Augsbourg, 1497–Londres, 1543)

Ch. 3,  p. 30(668),    « [réception donnée] en 1890 par Lord Radnor dans les salons de Longford Castle ».                 [Lord Radnor fut, jusqu’en 1890, propriétaire du tableau.] 

Ch. 14,  p. 77(719), «  Dinteville »    [Jean de Dinteville, ambassadeur de France à Londres, est le personnage représenté à gauche ; à droite est Georges de Selve, évêque de Lavaur.]

Ch. 36, p. 216(866), « Hermann Fugger » [Les Fugger, riches banquiers d’Augsbourg, XVIe s].

**Ch. 45  Remplace, à cause de la contrainte Faux, une allusion aux Ménines attendue.

               p. 258(908),  «  un choral de Luther publié à Wittenberg en 1524 dans le célèbre Geystliches Gesangbuchlein  de Johann Walther ».                      [la partition à côté du luth] .

Ch. 46,  p. 266(916),   « un globe terrestre que son manche en bois tourné faisait ressembler à une toupie. C’était un des premiers globes connus ».  

Ch. 59,  p. 351(1008),  « un effet d’anamorphose [...] trois personnages. Deux sont debout, de chaque côté d’un meuble haut chargé de livres, de petits instruments [et de jouets] divers : des kaléidoscopes astronomiques montrant les douze constellations du Zodiaque, d’Aries à Pisces, des planétariums miniature du genre Orrery, [...]  Le personnage de gauche est un homme corpulent [...] combinaison [] noir avec des bandes blanches, bonnet noir [...]

  Le personnage de droite[...] est vêtu d’une longue robe noire à reflets rougeâtres . Le troisième personnage se trouve au premier plan, [...]   [là où est l’anamorphose du crâne !]

  Le sol, peint avec une précision extrême, est un carrelage géométrique dont les motifs reproduisent la mosaïque de marbre, apportée de Rome vers 1268 par des artisans italiens pour le chœur de l’Abbaye de Westminster dont Robert Ware était alors abbé. »

Ch. 75,  p. 448(1112),   «  [sortie aux] Ambassadeurs [de son film] ».

              p. 451(1115),   « Le Seigneur de Polisy ».  [de Dinteville avait un château à Polisy.]

Ch. 81, p. 485(1153), « l’ancienne médaille de l’Ordre de Saint-Michel » [au cou de Dinteville].    

Ch. 85,  p. 508(1179),   «  Qui était l’ami de John Leland ? »

              p. 674(1344),   «  Wyatt (Thomas), 1503-1542 ,  poète et diplomate anglais, ami de John Leland  ».                            [Certains experts voient leurs portraits dans ce tableau.]

Ch. 89,  p. 545(1220),    « un luth sur une [table] : le luth est tourné vers le ciel, en pleine lumière ».

           * p. 547(1222),  « aux Ambassadors de Londres » . [allusion non signalée par Perec.]

Ch. 91,  p. 556(1232),   «  un goniomètre, sorte de rapporteur en bois articulé, réputé avoir appartenu à l’astronome Nicolas Kratzer  ... »     [dont Holbein fit le portrait en 1528] .

..\Mes images\1ambassa.jpg

Les Ambassadeurs

de   Hans Holbein le Jeune    (Augsbourg, 1497 – Londres, 1543)

( huile sur bois, ( 207 x 209,5 ), 1533, Londres, National Gallery)

7.c.  4       La Chute d’Icare  de   Pieter   Bruegel    (Bréda, v. 1527 -  Bruxelles, 1569)

Ch. 4,  p. 32(670),  «  de grands navires à voiles, des quatre-mâts de type portugais, armés de canons et de couleuvrines, se préparant à rentrer au port ; le grand foc et la brigantine sont gonflés par le vent ; des marins, grimpés dans les cordages, carguent les autres voiles »

Ch. 24,  p. 139(785-6),  «  un décor champêtre où alternent un paysan labourant son champ et un berger qui, appuyé sur sa houlette, le chapeau rejeté dans le dos, son chien en laisse, ses moutons dispersés tout autour de lui, lève les yeux vers le ciel. »

Ch. 48,  p. 273(925),   «  et un paysan grec avec une espèce de grand béret, une chemise rouge et un gilet gris, poussant sa charrue ».  

Ch. 49,  p. 281(934),  «  des moutons paissant au milieu desquels se trouvait une brebis sombre ».

Ch. 50,  p. 284(937),  «  un paysage de bord de bord de mer avec au premier plan une perdrix perchée sur la branche dont le tronc tordu et tourmenté jaillit d’un amas de rochers qui s’évase en une crique bouillonnante. Au loin, sur la mer, une barque à voile triangulaire. »  

Ch. 64,  p. 381(1040),   « dans un paysage inattendu de falaises s’évasant en un port bien abrité avec des palais de marbre et des toits rosâtres estompés par une brume légère. »

Ch. 69,  p. 410(1072),    «  Icarus  ». 

Ch. 87,  p. 516(1188),   «  un paysage intitulé L’Île mystérieuse [et signé L.N. Montalescot] : il représente un rivage dont la partie gauche, avec sa plage et sa forêt, offre un abord agréable, mais dont la partie droite, faite de parois rocheuses découpées comme des tours et percées d’une ouverture unique, évoque l’idée d’une forteresse invulnérable ».     

Ch. 92  [prévu dans la liste des contraintes, rejeté par la contrainte du Manque.]  

Ch. 97,  p. 586(1263),  « [un tableau représentant] un paysage avec un coucher de soleil ».

..\Mes images\icarus.jpg

La Chute d’Icare

de    Pieter Bruegel    (près de Bréda vers 1527 -  Bruxelles, 1569)

 ( huile sur toile, ( 73,5 x 112 ), 1558, Bruxelles, Musées Royaux des Beaux-Arts)

7.c. 5            Les Ménines  de  Diego  Vélasquez    (Séville, 1599- Madrid, 1659)

Ch. 9,  p. 57(697),      «  Joseph Nieto ».       

[José Niéto de Velazquez, au service de la reine, est le personnage dans l’escalier, au fond de la  salle.]Ch. 13, p. 69(710),  « un peintre, debout devant un grand chevalet, cambrant la taille, renversant légèrement la tête en arrière ; il a de longues moustaches effilées et des cheveux qui tombent en boucles sur ses épaules. Il est vêtu d’un ample pourpoint et tient dans une main sa palette, dans l’autre un long pinceau ».

Ch. 23,  p. 134(779),  « panneaux de bois sculpté, de coloris sombre, qu’il est allé chercher en Espagne, et qui proviennent, paraît-il, du palais du Prado ». 

Ch. 28,  p. 169(815),  « placer entre deux portes un haut miroir rectangulaire »

[dans lequel se reflètent le roi Philippe IV et la reine Marianne, dont le peintre est en train de faire le portrait].

Ch. 33  [remplacé par Saint Jérôme d’Antonello, à cause de la contrainte Faux.]  

Ch. 35,  p. 215(865),  « une naine à faciès canin, vêtue d’une robe à paniers »

[Maria Barbola]

Ch. 40,  p. 234(884),    « l’archipel Margarita-Teresa  ».

[L’infante Margerita est au centre du tableau.]

Ch. 45,  [remplacé par Les Ambassadeurs de Holbein, à cause de la contrainte Faux.]         

Ch. 70,  p. 418(1081),  « la silhouette sombre d’un homme en cape montant trois marches menant à (une jetée), à demi retourné dans la direction du peintre ».

 

Ch. 84,  p. 503(1173),     « Nick Pertusano, un nain ».  

[Nicholas Pertusato est le nain à droite ; sa voisine est Maria Barbola.]  

..\Mes images\08menina.jpg

Les Ménines

de    Diego  Vélasquez    (Séville, 1599 - Madrid, 1659)

( huile sur toile, ( 318 x 276 ), 1656, Madrid, Musée du Prado)

 

7.c. 6        La Tempête    de   Giorgione  (Giorgio da Castelfranco, dit) (v. 1477-1510)

[Tableau également appelé  L’Orage.

 Giorgione signifie « le grand Georges ». Son nom était Barberelli.]

Ch. 10,  p. 59(701),  «  [... Jane Sutton apparaît en page], debout, avec une culotte de brocart rouge à parements d’or, bas rouge clair, une chemise blanche, et un pourpoint court, sans col, de couleur rouge, à manches légèrement bouffantes, à rebords de soie jaune effrangée. »

[Dans son Cahier : Allusions & Détails , Perec  a écrit « Le personnage de droite »  alors qu’il s’agit de celui « de gauche » du tableau !]

Ch. 12,  p. 67(708),   « une bâtisse étroite et haute avec un balcon et un toit tronqué sur lequel est posée une cigogne ».

Ch. 19,  p. 98(742),    « un cheval ailé rouge »        

Ch. 29,  p. 175(821),      « La Tempesta di Mare, concerto en mi bémol majeur, op. 8, n° 5, d’Antonio Vivaldi, ... »

Ch. 32,  p. 199(846-7),     « une représentation réaliste d’un ciel lourd avec effets d’orage ».

Ch. 56,  p. 332(988),     « [un porte-parapluie :] un haut cylindre de plâtre peint imitant une colonne antique ».

Ch. 58,  p. 342(999),       « une planche de Zorzi da Castelfranco ».

Ch. 72,  p. 428(1091),     « ayant fait naufrage par suite de tempête ».

Ch. 77, p. 456(1121),     « une scène antique et pastorale : la Nymphe Io allaitant son fils Epaphos sous la tendre protection du dieu  Mercure ».

Ch. 94,  p. 564(1240),     « la marque « Caliban » ... »

[Caliban est un personnage de La Tempête, pièce de Shakespeare.] 

 

..\Mes images\Tempest Giorgione.jpg

La Tempête

de     Giorgione  (Giorgio da Castelfranco, dit), (v. 1477-1510)

( huile sur  toile  ( 82 x 73 ), 1505, Venise,  Galerie de l’Accademia )


7.c. 7  Le Banquier et sa femme
  de Quentin Metsys  (Louvain, v.1465– Anvers, 1530)

[Autres titres :  Le Prêteur et sa femme        et     Le Changeur et sa femme ]

Ch. 6,  p. 39(677),  «  des perles de belle grosseur posées à droite de la plaque sur un petit coussin de soie noire ».

Ch. 8,  p. 51(690-1),  « des  " miroirs de sorcières " en les insérant dans des moulures de bois         [inlassablement travaillées [...] d’impalpables dentelles de bois] au centre desquelles le petit miroir poli semblait un regard métallique, un œil froid, grand ouvert, chargé d’ironie et de malveillance. Le contraste entre cette auréole [irréelle travaillée comme un vitrail flamboyant,]  et l’éclat gris et strict du miroir créait une impression de malaise comme si cet encadrement [disproportionné, en quantité comme en qualité,] n’avait été là que pour souligner cette vertu maléfique de la convexité qui semblait vouloir concentrer en un seul point tout l’espace disponible. »

Ch. 17,  p. 91(734),  «  les boîtes  [de madeleines de Commercy] en bois déroulé ».

Ch. 20,  p. 100(745),  «  un homme d’une quarantaine d’années, portant un blouson à col de fourrure, assis [en plein air] à une table [campagnarde] ».

Ch. 42,  p. 241(851),  « quelques maximes du genre de Statura justa et aequa sint pondere ».

Ch. 54, p. 315(971),  « une femme d’une quarantaine d’années, petite et sèche, les lèvres minces. Elle est vêtue d’un tailleur de velours rouge avec un col de fourrure. Pour regarder la broche que son mari lui montre, elle a levé les yeux du livre qu’elle était en train de consulter ».

Ch. 61,  p. 367(1026),  «  une unique pomme rouge sur une assiette d’étain ».

Ch. 62, p. 372(1031),  «  une petite boîte à poids telle qu’en utilisaient les changeurs et les peseurs d’or, boîte ronde dans laquelle les mesures [cylindriques] entrent les unes dans les autres à la manière des poupées russes ».

Ch. 67,  p. 403(1065),   «  [la Vengeance du] Ferronnier de Louvain ».

Ch. 73, p. 432(1095),  « [plusieurs] étagère[s] [de profondeurs et de hauteurs différentes recouvertes d’un]  tissu vert gainé d’un ruban de cuir rouge fixé par des clous de cuivre à grosse tête, [supportent tout] un assortiment [méticuleusement rangé] de bibelots : un drageoir au corps de cristal, au pied et au couvercle d’or, finement ciselé, des bagues anciennes présentées sur d’étroit[s] cylindre[s] de carton blanc, une balance de changeur d’or, quelques monnaies [...], un livre enluminé ouvert sur une miniature représentant une Vierge à l’Enfant, [un cimeterre de Chiraz,] un miroir de bronze [...] Par la porte entrebâillée on aperçoit un homme [...] »

              p. 434(1097)   « Massy ».          [L’orthographe du patronyme du peintre est variable : 

prénom :  Quinten  ou  Quentin         

nom : Metsijs  ou  Metsys  ou  Massys  ou  Massy.]

 

..\Mes images\moneylen.jpg

 

Le Banquier et sa femme

de      Quentin Metsijs   (Louvain, v. 1465 – Anvers, 1530)

( huile sur bois, ( 70 x 67 ), 1514, Paris, Musée du Louvre)

 

7.c. 8        Le Songe de Sainte Ursule   de    Carpaccio (Vittore)  (v.1460  - v.1525)

Ch. 2,  p. 23(661-2),  « le visage ovale d’une jeune fille endormie ; ses cheveux blonds relevés en torsade au-dessus de son front sont maintenus par un double bandeau d’étoffe tressée ; sa joue s’appuie sur sa main droite repliée en conque comme si, en songe, elle était en train d’écouter. »

Ch. 16,  p. 87(730),  « Elle est couchée dans son lit sous une couverture de laine [grise]. Elle rêve : un  [croque-mort aux yeux brillants de haine] se tient  en  face  d’elle, debout, sur le  pas de la porte; de sa main droite à demi levée il présente [un  bristol  bordé de noir]. Sa main gauche supporte [un coussin] ... »

 

[Ch. 22,  p. 116(760),  sans que la contrainte du Faux soit la cause du remplacement, Perec a substitué à ce tableau un autre, également de Carpaccio, Saint Georges terrassant le dragon      (Scuola San Giorgio degli Schiavoni, Venise). [reproduit en page 114]

   « un chevalier en armure pourfendant de sa lance le [spectre de la grippe personnifié par un vieillard grincheux] à plat ventre dans un paysage nappé de brume ». Mais on trouve aussi dans ce chapitre « Ursula Sobieski », dont le prénom  évoque sainte Ursule.

Perec  met dans son Cahier : Allusions & Détails  « Prénom de Sobieski ? »

et dans la liste des contraintes du chapitre   « rajouter Ste Ursule ».]

Ch. 26,  p. 152(798),  « C’est une pièce presque vide, meublée seulement de [quelques] chaise[s] [paillées], de [deux] tabouret[s] à trois pieds garni[s] d’une galette rouge à petites franges et d’une longue banquette à dossier droit, [recouverte d’une moleskine verdâtre] ... »

Ch. 34,  p. 206(855),  «  un  jeune [homme]  aux  longs  cheveux  évoquant  lointainement  un portrait  de  la  Renaissance  italienne ». 

 

Ch. 41,  p. 237(887),  « [un oratorio, Proud Angels, dont le livret se fonde sur l’histoire de  la Chute des] Ange[s]  ».

Ch. 44,  p. 250(900),   « la table avec son tapis rouge à franges jaunes très claires, presque blanches, supportant un pupitre avec un livre ouvert  ».

Ch. 83,  p. 497(1167),  « [arrosant au compte-gouttes leur] myrte dans son vase [de cuivre rouge] ».

Ch. 86, p. 511(1183), « [trois] statuette[s] peut-être antique[s] : un tout jeune Atlas portant sur son épaule [gauche]  un globe en réduction ».             [sur le tableau c’est l’épaule droite !] 

 

[Remarques :

Il y a seulement 9 allusions sur les 10 prévues par le bicarré 7cd : la dixième manque car elle concernait la case ( 0,1 ), le coin inférieur gauche, disparu du récit.

L’allusion du chapitre 44 se retrouve dans le Préambule.]

..\Mes images\50dream.jpg

Le Songe de Sainte Ursule

de    Carpaccio (Vittore)  (v. 1460- v. 1525)

( huile sur toile, ( 274 x 267 ), Venise, Galerie de l’Accademia)

7.c. 9    Le chariot de foin   de   Jérôme  Bosch

                                                                        (Hertogenbosch, v. 1450 – Hertogenbosch, 1516)

[dit aussi   La charrette de foin,    et Jérôme est la traduction de Hieronymus ou Jheronimus.]

Ch. 5  [« Oubliée » par Perec, à une époque où il n’avait pas choisi Bosch, et pensait à Degas].

Ch. 11,  p. 63(704), «  un moine, gros et court, assis, tenant dans sa main droite un gobelet ; il est vêtu d’une longue robe grise, avec une cordelière ; sa tête et ses épaules sont prises dans un capuchon noir ».

Ch. 18,  p. 93(736),  «  un bœuf portant sur son dos un homme nu, casqué, qui tient dans sa main un ciboire »                [sur le panneau de droite].

Ch. 47,  p. 269(920),  «  un homme armé d’un bâton, portant besace et poursuivi par un chien, que l’on nomme le mat, c’est-à-dire le fou »     [sur les panneaux du triptyque fermé].

Ch. 52. Oubli ! Perec annonçait dans son Cahier : « les maçons en train de construire un château d’eau »  (scène figurant bien sur le panneau de droite du triptyque). 

Une telle phrase est introuvable dans ce chapitre.

Et il n’y a, dans ce chapitre, aucune autre allusion à une scène figurant dans ce tableau.

Ch. 71, p. 425(1086), « l’arracheur de dents avec son bonnet rouge [et ses prospectus multicolores ;] et un joueur de cornemuse qui l’accompagnait et qui soufflait dans ses tuyaux le plus fort possible et horriblement faux pour couvrir les cris des malheureux patients ».

Ch. 74,  p. 447(1111), « des monstres démoniaques à corps d’oiseau, de porc ou de poisson ».

[Ch. 88,   remplacé, à cause de la contrainte Faux, par

« un autre Bosch : l’autoportrait ( ? ) de l’Epiphanie ».] [reproduit en page 115]

         p. 533(1206),  «  les Rois Mages : ce sont trois personnages, l’un agenouillé, les deux autres debout, dont un [seul est resté à peu près intact : il] porte une longue robe avec des manches à crevés ; une épée est pendue à sa taille et il tient dans sa main gauche* une sorte de drageoir ; il a des cheveux noirs et est coiffé d’un curieux chapeau orné d’un médaillon, tenant à la fois du béret, du tricorne, de la couronne et du bonnet. »]   [* droite sur le tableau.]

Ch. 90  p. 551(1226)  «  le curieux emblème que, toute sa vie, il a associé à ses activités : une pomme rouge cordiforme transpercée de part en part par un long ver et entourée de petites flammes. »

Ch.93  p. 562(1238)   « une sorte de diable à longue queue hissant au sommet d’une échelle un large plateau rond couvert de mortier » [sur le panneau de droite du triptyque ouvert.]


 

                                       ..\Mes images\haywain1 fermé.jpg

 

..\Mes images\bosco gauch.jpg..\Mes images\bosco1 central.jpg..\Mes images\bosco14.jpg

Le chariot de foin

de      Jérôme Bosch    (Hertogenbosch, v.1450 – Hertogenbosch; 1516

( triptyque, huile sur bois, panneau central  ( 135 x 100 ), 1500, Madrid,  Musée du Prado )

 7.c. (1)0     Nature morte à l’échiquier  de Lubin   Baugin   (Pithiviers, 1610 - ?, 1663)

Ch. 15,  p. 85(727), « une table [recouverte d’un drap vert] sur laquelle sont posés [d’autres volumes, une mappemonde, et] une partition de musique, d’un format à l’italienne, ouverte ».

Ch. 30,  p. 179(826),   « une mandore du XVIIe siècle ».

Ch. 31, p. 181(827),   «  une de ces célèbres Vanités [de l’école strasbourgeoise : un crâne entouré d’] attributs se rapportant aux cinq sens [] le goût [] verre de vin ; le toucher [] ; l’audition [] ; la vue [] ; l’odorat enfin [] œillets  ».    

Ch. 38,  p. 221(871),   «  le valet de trèfle [] Lancelot ! »

Ch. 55,  p. 323(978),   «  ce pain rond utilisé pour les pans bagnats  [] Pithiviers  ». 

Ch. 60,  p. 359(1018),  «  trois œillets dans un vase en verre à corps sphérique, à col court ».

Ch. 63,  p. 379(1038),   «  une aumônière, une bourse de cuir vert fermée par un cordonnet de cuir noir  ».

Ch. 68,  p. 407(1069),   «  un échiquier [de voyage] ».  

Ch. 80,  p. 480(1147),   «  une assiette octogonale en étain ».  

Ch. 95,  p. 570(1246),   «  le très beau verre de cristal taillé  ».

..\Mes images\chessboa.jpg

Nature morte à l’échiquier

de          Lubin Baugin    (Pithiviers, 1610 - ?, 1663)

( huile sur bois, ( 55 x 73 ), 1630, Paris, Musée du Louvre)


 

Tableaux supplémentaires

Ch. 22,  p. 116(760),  en remplacement du Songe de Ste Ursule  


 

   « un chevalier en armure pourfendant de sa lance le [spectre de la grippe personnifié par un vieillard grincheux] à plat ventre dans un paysage nappé de brume ».

..\Mes images\A08.jpg

Saint Georges terrassant le dragon       

de    Carpaccio (Vittore)  (v. 1460- v. 1525)

( huile sur toile, ( 141 x 360 ), Venise, Scuola San Giorgio degli Schiavoni )

Ch. 88,   remplace Le Chariot de foin, à cause de la contrainte Faux

         p. 533(1206),  «  les Rois Mages : ce sont trois personnages, l’un agenouillé, les deux autres debout, dont un [seul est resté à peu près intact : il] porte une longue robe avec des manches à crevés ; une épée est pendue à sa taille et il tient dans sa main gauche* une sorte de drageoir ; il a des cheveux noirs et est coiffé d’un curieux chapeau orné d’un médaillon, tenant à la fois du béret, du tricorne, de la couronne et du bonnet. »]   [* droite sur le tableau.]

 

..\Mes images\Bosch Adoration des mages.bmp

  L’Adoration des mages   ou    L’Épiphanie, dite à l’autoportrait

de Jérôme Bosch      

( huile sur bois, ( 74 x 54 ), 1485, Philadelphie, Museum of Art )

Tableaux qui furent longtemps retenus

 

..\Mes images\Degas Un bureau de coton à La Nouvelle Orléans.bmp

 

Un bureau de coton à La Nouvelle-Orléans

d’Edgar Degas, 1834-1917,

( huile sur toile, ( 73 x 92 ), 1873, Musée de Pau )

..\Mes images\La Leçon d’anatomie, de Rembrandt.bmp

La Leçon d’anatomie (du docteur Nicolaes Tulp), de Rembrandt van Rijn, 1606-1669,

( huile sur toile, ( 169,5 x 216,5 ), 1632, La Haye,  Mauritiushuis)