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Zindien : superbe, poétique, tour à
tour simple, virtuose, débordant d'amour et d'humour. On en oublie
les contraintes. On ne les recherche même plus. Toujours pour donner
l'eau à la bouche :
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Zindien |
Haïku-ku la
prâline |
Je
ne sais pas ce que je veux Paraît kiya des pères qui
savent Qui disent Tu seras militaire ou architecte ou musicien plombiézingueur ou bien
zindien Moi je ne veux rien, rien de rien, ou alors, si,
je sais, tout de suite, tenir ta main.
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Mon petit garçon Tu
es mon petit garçon Mon petit
garçon |
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Déshabillage |
Un ciré rouge vif,
doublé, taille quatre ans, Deux bottes bleu marine en
caoutchouc (mouillées) Un pantalon de jean, délavé, un peu
grand Deux chaussettes Mickey (elles aussi
trempées)
Un pull en laine écrue qu'on t'a mis à
l'envers Un petit slip blanc marque Petit-Bateau Un
tee-shirt en coton bleu tirant vers le vert Parsemé de cent
taches de fruits ou de gâteau.
J'en fais un petit tas
qui part à la machine Qui fait à l'essorage un bruit
d'hélicoptère (C'est-à -dire plus encore que ce qu'on
imagine)
C'est pas si compliqué d'être heureux sur la
Terre C'est quatorze kilos dans un drap dé coton C'est
ta main dans la mienne et ma joue sur ton
front. |
Maraboulipien
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Notre
Auber |
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Notre Auber qui êtes
Jussieu Que Simplon soit Parmentier Que Ta Volontaires
soit Place des Fêtes Que Ton Rennes arrive Sur Voltaire
comme Courcelles Donne-nous Galliéni notre
Havre-Caumartin Et ne nous soumets pas à la
Convention Cambronne-nous nos Défense Comme nous Odéon à
ceux qui nous ont Maraîchers Délivre-nous des
Halles, Miromesnil.
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| LES DOUZE RÈGLES DE
L'ART |
| Transduction
substantivale entre le Décalogue et les premier et second
manifestes de lOulipo
Alors, Poésie prononça toutes ces
phrases. « C'est moi Poésie, ton Art, qui t'ai fait
sortir de la Mystification d'Oulipo, du plaisir de
contrainte. Tu n'auras pas d'autre Art que moi. Tu ne te
feras aucune structure, rien qui ressemble à ce qui est dans
les acrostiches là-haut, à ce qui est sur le contrepet
ici-bas, ou dans les lipogrammes au dessous du
vocabulaire. Tu ne prosterneras pas devant ces structures
ni ne les serviras, car moi, Poésie, ton Art, je suis un Art
jaloux, qui punit la supercherie des émotions sur les lisants,
les petits-lisants et les arrières-petits lisants pour ceux
qui me haïssent, mais qui fais grâce à des milliers, pour ceux
qui m'aiment et qui gardent mes règles. Tu ne prononceras
pas le nom de Poésie ton Art à faux, car Poésie ne laisse pas
impuni celui qui prononce son nom à faux. Souviens-toi de
l'année du Divertissement pour la sanctifier. Pendant six
années tu travailleras et tu feras toute ton ouvre, mais la
septième année est un divertissement pour Poésie, ton Art. Tu
n'y feras aucun oeuvre, toi, ni ton idée, ni ton génie, ni ton
ordinateur, ni ta machine, ni tes langages, ni l'oulipien qui
réside chez toi. Car en six années Poésie a fait l'acrostiche,
le vocabulaire, le sonnet et tout ce qu'ils contiennent, mais
elle a chômé la septième. C'est pourquoi Poésie a béni l'année
du Divertissement et l'a consacrée. Honore ton émotion et
ton inspiration, afin d'avoir longue oeuvre sur le vocabulaire
que Poésie ton Art te donne. Tu ne tueras pas. Tu ne
commettras pas de plagiat. Tu ne voleras pas. Tu ne
porteras pas d'alexandrin mensonger contre ton prochain. Tu
ne convoiteras pas le plaisir de ton prochain. Tu ne
convoiteras pas la dame de ton prochain, ni son ordinateur, ni
sa machine, ni son corbeau, ni son renard, ni rien de tout ce
qui est à lui.
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