LABORATOIRE
D'INVENTIONS SCIENTIFIQUE(S)
Cahiers n° 22
Con tenu OULIPOTERIES suite...
Editorial
C'est en ... qu'on ...
Lipogrammes : dénominations
De la traduction
Une chaîne
De la distance &
des dictionnaires
Dernière de couverture ... sur le
Web...
La pensée du jour :
1- Tout est la même chose
2- Tout est donc suffisamment bien
J Torma Euphorismes
EDITORIAL DE
MONSIEUR L'INGENIEUR-EN-CHEF
Encore un "Numéro Spécial des C.A.L.I.S." encore autour de
l'OULIPO .... A croire qu'on manque d'imagination au Laboratoire
d'Inventions Scientifique(s) ...
Après le numéro précédent (le n° 20) qui présente des travaux
oulipiens (des synthoulipismes) en attendant un très éventuel numéro
... qui traitera des propositions de travaux à mettre en œuvre (des
anoulipismes) voici un numéro
22.
Depuis que le Laboratoire d'Inventions Scientifique(s) s'est mis sur la
toile et avant qu'il ne comprenne comment elle fonctionne, les Ingénieurs
& techniciens explorent la dite toile avec délice (et pas
uniquement les sites proposant des images diverses comme teens4free,
babes4you ou asiangirls même si. ).
Deux articles donc proviennent d'idées envoyées par la liste "
Oulipo " 1 Ce sont les variations sur " C'est en ... qu'on ...
" ainsi que celui sur la terminologie proposée des divers
lipogrammes
Ensuite viennent deux textes s'intéressant à la traduction telle que
la propose la toile et plus spécifiquement un utilitaire (gratuit)
SYSTRAN mis à la disposition du public par le moteur de recherches
Altavista : une forte incitation à se procurer le produit complet : il
doit encore offrir bien des surprises et nous fabriquer des textes surréalisants
beaux comme la rencontre d'une machine à coudre et d'un fer à repasser
sur une table d'opérations.
Ensuite une proposition de recherches sur une notion de
"distance" entre les mots ce qui peut donner un cadre à des réalisations
concrètes et champ sémantique vu par Word 97 et Monsieur Bill
Gates.
Un " Courrier des lecteurs " clôt ce numéro avant la dernière
de couverture.
Monsieur le Rédac' Chef des CALIS

C'est en .... qu'on devient
....on
Ce divertissement est un démarquage évident du perverbe :
" C'est en forgeant qu'on devient forgeron "
C'est Raymond Queneau qui, le premier, en a donné une variante. Lui qui
aimait la belle ouvrage nous a proposé: " C'est en écrivant qu'on
devient écriveron " soulignant, à l'instar de Monsieur Boileau, qu'il faut remettre un certain nombre de fois son
ouvrage sur le métier et qu'y a pas qu'l'art mézossi du travail.
En hommage à Queneau, Jean Marie Laclavetine, lecteur chez Gallimard
et Jean Lahougue, oulipien ont intitulé leur échange épistolaire
" Ecriverons et liserons " sous entendant par là une nouvelle
forme : " C'est en lisant qu'on devient liseron ".
C'est alors que la liste oulipo du web
(oulipo@quatramaran.ens.fr ) sous l'impulsion de J-L. P°°° a
donné avec la collaboration de tous ses correspondants un florilège de
variations autour de ce thème imposé entre le 10 et le 18 décembre
1998.
Cet article du technicien du Laboratoire d'Inventions Scientifique(s),
navigateur solitaire sur la toile, est un compendium plus ou moins
retravaillé de ces variations dans un ordre approximativement alphabétique.
Au lieu de la forme : "
c'est en ...ant qu'on devient ... eron ", on a privilégié
la forme :
" c'est en ...
ant qu'on devient ... on " même si ici ou là le Clinamen a joué
et permit des dérogations dans la rigueur de la contrainte : la
'Pataphysique est la science des exceptions .
C'est
en barbant qu'on devient barbon (Vieux con ...)
C'est en barrant qu'on devient baron (Bich)
C'est en bandant qu'on devient bandonéon (La magie du tango sous les
lumières ...)
C'est en blanc qu'on devient blond (Décoloration ratée)
C'est en bouchant qu'on devient Boucheron (Flacons de parfum)
C'est en bouffant qu'on devient bouffon (Comme dit Marco Ferreri)
C'est à Caen qu'on devient con (Racisme anti-Normand)
C'est en camp qu'on devient con (Antimilitarisme)
C'est en collant qu'on devient colon (Ah ! sous les uniformes.)
C'est en cotant qu'on devient coton (Bourse aux textiles délicats)
C'est en croûtant qu'on devient croûton (Peintre famélique)
C'est en curetant qu'on devient cureton (Déjà la fabrique d'anges !)
C'est en cryptant qu'on devient krypton...en arguant, argon et en néant
néon...
C'est en déboulant qu'on devient des boulons (Vite la statue de Staline)
C'est en décochant qu'on devient des cochons (Ses coups)
C'est en décollant qu'on devient des colons (Du temps de Latécoère)
C'est en draguant qu'on devient dragon ais pas de vertu
C'est en s'échappant qu'on devient chapon (Basse cour)
C'est enfant qu'on devient en fond (Héritier précoce)
C'est en errant qu'on devient héron comme dit La Fontaine
C'est en étalant qu'on devient étalon (Don Juan, frimant.)
C'est en fauchant qu'on devient Fauchon (Récupérations d'Action)
Directe
C'est à Fécamp qu'on devient fécond (Racisme pro-Normand)
C'est en fellant qu'on devient félon (Starr : Lewinsky & Clinton)
C'est en filant qu'on devient filon au Klondyke
C'est en frippant qu'on devient fripon ou Kenzo, dans le Sentier
C'est en galant qu'on devient galon (Officier courtisant la Générale :
avancement assuré)
C'est en grillant qu'on devient grillon (Dans la cheminée)
C'est en lapant qu'on devient lapon (Samoyède)
C'est quand l'autre est amant qu'on devient Lautréamont (Vie privée
d'Isidore Ducasse)
C'est en liant qu'on devient lion (Le lion & le rat)
C'est en limant qu'on devient Limon (Comme dirait Jules-Jules, limant
Berthe 3°)
C'est en lisant qu'on devient Lison (La bête humaine)
C'est en machant qu'on devient mâchon (A Lyon)
C'est se marrant qu'on devient marron (Y a pas d'quoi rire quand on est
pigeonné.)
C'est en matant qu'on devient maton (Surveillance en milieu carcéral)
C'est en nichant qu'on devient nichon (Comme le chat de Margot dans son
corsage)
C'est en nippant qu'on devient nippon (Kenzo)
C'est en pacsant qu'on gagne le pacson (Un avant goût des allocs ?)
C'est en s'en pénétrant qu'on devient sans peine étron Sodomie ?
C'est en pigeant qu'on devient pigeon Quand on croit comprendre - à
tort bien sûr.
C'est en planchant qu'on devient Planchon Roger, après Avignon
C'est en poivrant qu'on devient poivron Ratatouille
C'est en polissant qu'on devient polisson Se polissant le chinois ...
C'est en pompant qu'on devient pompom Encor' Bill & Monica
C'est en priant qu'on devient prion Vache folle de la messe
C'est en prisant qu'on devient prison Cocaïne
C'est en salant qu'on devient salon Le sel de la con versation
C'est en savant qu'on devient savon Chimiste marseillais
C'est à seize ans qu'on devient saison Et qu'on va en enfer : A°°° R°°°
C'est en temps qu'on devient thon Avec l'âge ...
C'est en tentant qu'on devient tonton Dis : pourquoi tu tousses ?
C'est en troquant qu'on devient Troccon (Echanges de vélos & de
factures (impayées) à Laval)
C'est en violant qu'on va au violon (Code pénal)
Le technicien scrutateur de la toile & autres diableries au goût
du jour
De la dénomination
des lipogrammes...
Sur une suggestion de E A°°°, sur la liste " Oulipo ",
voici des propositions de dénomination des différents lipogrammes.
C'est le Régent du contrepet, Sa Sommité
Luc Etienne, qui dans Oulipo, Atlas 2 a suggéré d'appeler
" asphyxie " le retrait des " r " d'un texte et réciproquement
" aération " l'injection
d' " r " dans des mots. Il donne ensuite des exemples de ces
exercices pour l'asphyxie: " Faites l'amour, pas la guerre "
donne " Faites la moue, pas la gaie " - à la façon des
inc'oyables et des me'veilleuses , une aération :
" la haie au benoît " donne " la raie au beurre
noir ".
Sur ce modèle terminologique d'asphyxie pour un lipogramme en r, E A°°°
propose pour toutes (ne pas être complet J Torma (mais tendre vers la
complétude)) les lettres de l'alphabet une dénomination adéquate. On
notera qu'il y a un grand choix pour le lipogramme en I : en effet pour
le I toute la liste a participé essentiellement N°°° G°°°, E°°
A°°° n'ayant pas fait de proposition.
A :Mots nivelés( A rasés)
B :Mots fanés( Désert B)
C :Mots désuets( Pas C)
D :Mots tranchés( D coupés)
E :Mots coupés( Retranche E)
F :Mots apeurés( F rayés)
G :Mots installés( Amen à G)
H :Mots fumés( sans H)
I :Mots Liserons( I paumés)
Mots honteux( Contre I)
Mots désolés( Sort I - sorry !)
Mots découchés( Sans l'I)
Mots pâles( l'I vide)
Mots nouveaux( I n'est dit)
Mots d'absence( I n'y est pas)
Mots métissés( I bridés)
Mots Tchernobyl( I radiés)
J :Mots débauchés( Hors J)
K :Mots pimentés( Pas pris K)
L :Mots ratites( Aux L rognés)
M :Mots maigres ( M à scier)
N :Mots Doux ( Sans N)
O :Mots essorés(Sans O)
P :Mots brossés( P niés)
Q :Mots culbutés( Q ? le buter !)
R :Mots asphyxiés( Sans R)
S :Mots haletants( S soufflés)
T : Mots tchin tchin( Sans T)
U :Mots arrêtés( Suspend U)
V :Mots fermés(V Rouillés)
W :Mots lumineux( 100 W)
X :Mots désinants( Ca suffit X)
Z :Mots défavorisés( Sans Z)
La liste a ensuite proposé pour chaque lipogramme des exemples de
suppression de lettres donnant de nouveaux mots comme par exemple : pour
le " I " aigries ® agrès , laïcité ® lacté , chianti ®
chant , mairie ® mare , péripétie
® perpète et autres exemples de haute volée.
Le lipogrammaticien de service
De la traduction ...
Traduttore, traitore
Le Web, comme on dit dans les milieux bien informés , offre toutes
facilités et en particulier des se(r)vices de traduction automatique.
Le Laboratoire d'Inventions Scientifique(s) a donc choisi de traduire un
texte qui tient particulièrement à cœur à Monsieur l'Ingénieur-en-Chef
: Alice in Wonderland de Lewis Carroll et particulièrement les deux
premiers paragraphes du premier chapitre .
. Le logiciel utilisé est celui qui est offert par le " moteur
" le plus répandu : Altavista et la traduction est faite par le
logiciel Systran, comme vous le verrez en admirant les résultats brut
de décoffrage.
Voici donc le texte original :
Down the rabbit hole
Alice was beginning to get very tired of sitting by her sister on the
bank, and of having nothing to do ; once or twice she had peeped into
the book her sister was reading, but it had no picture or conversations
in it, " and what is the use of a book, " thought Alice,
" without pictures or conversations ? "
So she was considering in her own mind ( as well as she could, for the
hot day made her very sleepy ans stupid ) , whether the pleasure of
making a daisy-chain would be worth the trouble of getting up and
picking the daisies, when suddently a White Rabbit with pink eyes ran
close by her.
Et la traduction exacte qu'en donne Systran, EN FRANÇAIS comme l'affirme
le dit logiciel ...
En bas du trou du lapin
Alice commençait à devenir très fatiguée de se reposer par sa sœur
sur la banque, et de n'avoir rien à faire ; une fois ou deux elle
piaulait dans le livre que sa sœur lisait, mais il n'avait aucune image
ou conversation dans lui, " et ce qui est l'utilisation d'un livre,
" pensée Alice " sans images ou conversations ? "
Ainsi elle considérait dans son propre esprit ( comme elle pourrait,
parce que le jour chaud a fait son très somnolent et stupide), si le
plaisir de faire un connecté en série serait en valeur l'ennui de
lever et de sélectionner les marguerites, quand soudainement un lapin
blanc avec des yeux roses a fonctionné étroitement par elle.
Le Laboratoire d'Inventions Scientifique(s) dispose de plusieurs "
traductions " probablement caduques dont on pourra noter
l'insuffisance relative.
Celle d'André Bay, Edition du Club Français du Livre, 1948 :
Dans le terrier du lapin
Alice, assise sur le talus à côté de sa sœur, commençait à se
sentir fatiguée de ne rien faire. Une fois ou deux, elle avait jeté un
coup d'œil sur le livre de sa sœur, mais il n'y avait pas d'images,
pas de dialogues, et " à quoi bon un livre sans images ni
dialogues ", pensait Alice.
Elle était en train de se demander (dans un demi-songe, car elle se
sentait toute engourdie par la chaleur de cette après-midi d'été) si
le plaisir de tresser une guirlande de pâquerettes valait la peine de
se lever pour les cueillir, quand, tout à coup, un lapin blanc avec des
yeux rouges passa près d'elle en courant.
... ou celle de Henri Parisot (Dans
" Tout Alice " chez Aubier Paris 1986 Illustrations de Ralph
Steadman (reprise dans Bouquins Laffond 1989 (sans le titre))):
(Descente dans le terrier du lapin)
Assise à côté de sa sœur
sur le talus, Alice commençait à être fatiguée de n'avoir rien à
faire. Une fois ou deux, elle avait jeté un coup d'œil sur le livre
que lisait sa sœur ; mais il n'y avait dans ce livre ni images ni
dialogues : " Et, pensait Alice, à quoi peut bien servir un livre
sans images ni dialogues. " Elle était donc en train de se
demander (dans la mesure du possible, car la chaleur qui régnait ce
jour là lui engourdissait quelque peu l'esprit) si le plaisir de
tresser une guirlande de pâquerettes valait la peine de se lever pour
aller cueillir les pâquerettes, lorsqu'un lapin blanc aux yeux roses
vint à passer auprès d'elle en courant.
A l'évidence seule une traduction comme celle offerte par le système
SYSTRANS de Altavista ( this is a free commercial) permet de mieux
comprendre le Rvd. Dodgson.
On le savait par ailleurs adepte du non-sens mais là, grâce à cette
traduction , on voit enfin les thèmes profonds de Charles Lutwige
Dodgson :
Homme peu intéressé par l'argent, il suggère qu'Alice fait confiance
à sa sœur pour se décharger des rapports avec la banque qui
commencent à la lasser.
Alice " piaule " : on ne trouve pas dans Le Magazine du
Presbytère de tels termes du langage familier voire relâché. On
aurait pu croire le Révérend plus soucieux de l'éducation de ses
amies enfants à qui ce livre est destiné.
Espérer qu'un livre ait de la conversation est une évidente
anticipation sur les livres sous forme de CD voire de CDRom avec des
images, mais là rien que de très normal : CLD était, on le sait, un
précurseur dans beaucoup de domaines, logique (sans peine),
photographies (d'enfants en haillons) et autres. Qu'il ait imaginé un
livre parlant n'a, au temps de Jules Verne, de Charles Cros, d'Edison et
autres, rien de surprenant.
On voit mal quel plaisir
Alice veut se faire avec un connecté en série : y voir un embryon
d'allusion à des jeux à plusieurs partenaires serait certainement dépasser
la pensée du prude Révérend. L'objectif de l'appareil photographique
est déjà bien suffisant.
L'intrusion d'un lapin - aux yeux roses comme certains ballets - ,
animal dont la connotation sexuelle est bien avérée, qui a fonctionné
étroitement par elle peut être une allusion sûrement involontaire à
l'étroitesse d'Alice ( c'est à dire à sa virginité (probable : elle
a au moment de l'histoire cinq ans et les jeunes gens d'Oxford n'étaient
pas réputés pour leur efficience, et puis c'était la fille du
Doyen)).
On voit combien certains " traducteurs " de Carroll, comme
André Bay ou de plus connus comme
Henri Parisot pour les Alice,
Roubaud et Aragon, pour la chasse au Snark, sont passés à côté
des subtilités et de certains sous-entendus de Lewis Carroll que seule
une traduction scientifique , sans intervention nécessairement
subjective, peut mettre au jour.
Le technicien en charge des trahisons

Dérivations de textes
Toujours dans le cadre de l'exploration de la toile et de ses possibilités,
après la traduction de Lewis Carroll, il a semblé intéressant de
tenter une chaîne de traductions. Le texte initial est en français et
on est passé - à l'aide du logiciel d'AltaVista et de son traducteur
SYSTRAN, de manière automatisée pour éviter des fautes de frappe
- par l'espagnol, l'allemand, le portugais et l'italien avant de
revenir au texte initial. On notera que l'on a du revenir chaque fois à
l'anglais qui est la langue pivot de ce traducteur ...
Voici donc, bruts de décoffrage, les résultats de ce jeu de téléphone
arabe...
Texte initial :
Le sens d'un texte peut dériver quand on passe d'une langue à l'autre,
en série: on voit par là la fiabilité d'une traduction automatique et
le champ sémantique qui s'ouvre vers des horizons imprévus.
puis en anglais :
The direction of a text can derive when one passes from one language to
the other, in series: one sees by there the reliability of a machine
translation and the semantic field which opens towards unforeseen
horizons.
En espagnol :
La dirección de un texto puede derivar cuando uno pasa a partir de un
lenguaje al otro, en serie: uno ve por allí la confiabilidad de una
traducción automática y del campo semántico que se abre hacia
horizontes imprevistos.
puis en anglais :
The direction of a text can derive when one happens from a language to
the other, in series: one that way sees the reliability of an automatic
translation and the semantic
field that is opened towards unexpected horizons.
En allemand :
Die Richtung eines Textes kann, wenn man von einer Sprache dem anderen
geschieht, in der Serie berechnen: ein daß Weise die Zuverlässigkeit
einer automatischen Übersetzung und des semantischen Feldes sieht, das
in Richtung zu unerwarteten Horizonten geöffnet ist.
puis en anglais :
The direction of a text can calculate, if one occurs from a language the
other one, in the series: that way sees the reliability of an automatic
translation and the semantic field, which are opened toward to
unexpected horizons.
En portugais :
O sentido de um texto pode calcular, se um ocorrer de uma língua outra,
na série: essa maneira vê a confiabilidade de uma tradução automática
e do campo semântico, que sejam abertos para a horizontes inesperados.
puis en anglais :
The direction of a text can calculate, if one to occur of a language
another one, in the series: this way sees the reliability of an
automatic translation and the semantic field, that are opened for
horizontes unexpected.
En italien :
Il senso d'un testo può calcolare, se uno da accadere d'un linguaggio
altro, in serie: questo modo vede l' affidabilità d'una traduzione
automatica ed il campo semantico, quello è aperto per i horizontes
inattesi.
puis en anglais :
The sense of a text can calculate, if to happen of a language other, in
series: this way sees the reliability of an automatic translation and
the semantic field, that one is opened for the horizontes unexpected.
Et enfin retour au français :
Le sens d'un texte peut calculer, si pour se produire d'un langage
autre, en série: cette voie voit la fiabilité d'une traduction
automatique et la zone sémantique, celle-là est ouverte pour les
horizontes inattendus.
Quelques notes sur ce cas particulier donc éminemment scientifique :
- Certains mots ne sont pas connus dans toutes les langues : "
horizontes " portugais n'est pas connu pour repasser vers l'anglais
d'où sa présence constante à partir de la version portugaise
- " Sens " devient " direction " (au lieu de "
meaning ") pendant une grande partie de la chaîne et redonne in
fine " sens " quand on passe de l'italien à l'anglais.
- " imprévu " se
transforme dés la deuxième étape en " inattendu "
- Certains mots comme " fiabilité ", " traduction
", " automatiques " restent constants tout au long de la
chaîne.
Et alors ?
Quelques pistes s'offrent à la recherche Scientifique que les
techniciens du Laboratoire d'Inventions Scientifique(s) n'ont pas
approfondi (manque de moyens et/ou de courage) :
Après avoir défini une " distance " entre deux textes d'une
même langue, on peut explorer les questions suivantes :
1- Est ce que ces transformations sont " commutatives " ? En
français : si l'on prend un autre chemin comme passer par l'italien
avant le portugais obtient-on le même résultat ?
La réponse est évidemment négative.
2- Si l'on se contente de faire des " allers-retours "
multiples par exemple français <--> anglais <--> français, on obtient une
suite de phrases transformées.
Y a-t-il des " points fixes " c'est à dire des phrases que
l'on retrouve identiques après transformation ?
Et pour quelles phrases ?
Peut-on imaginer une convergence (dans un sens qui serait à définir à
l'aide de la distance ) si les transformées successives semblent se
stabiliser ?
3- Pour certains textes, la distance est nulle (on retrouve exactement
le texte de départ : c'est un point fixe ). On peut constater que ce
sont des textes à connotation très faible voire nulle par exemple des
segments de mode d'emploi de logiciels alors que pour d'autres textes la
distance est " grande ", ce sont des textes que l'on pourrait
qualifier de plus littéraires comme l'extrait d'Alice si bien décortiqué
par Systran.
A l'aide de cette distance a-t-on une mesure de la " littéralité
" d'un texte sur une échelle qui irait de 0 pour une phrase style
(si l'on peut dire) " Cliquer sur le bouton droit de la souris
" à 1 pour un vers de Mallarmé ?
4- La distance dépend du
traducteur.
On peut mesurer la " stabilité " liée à la distance
d'un traducteur avec un aller/retour.
Est-ce un indice de qualité ? La condition est
sûrement nécessaire, mais pas suffisante .
(Il suffit d'imaginer le cas caricatural où il y a une erreur d'étiquette
et où l'on croit faire le circuit anglais <-->espagnol <-->
anglais alors
qu'en fait on fait : anglais <--> portugais <--> anglais ; le résultat peut
être parfaitement stable et la traduction à l'évidence complètement
fausse).
Peut-on alors comparer divers traducteurs et les ordonner fut-ce
partiellement ?
Le Laboratoire d'Inventions Scientifique(s) a reçu depuis la pré-publication
de cet article des compléments de GEF par le truchement de la toile -
qu'il en soit ici, au nom de la Science, remercié -. Il se trouve que
la liste Oulipo a déjà , en mars/avril 1998, échangé des mails sur
ce thème et plus particulièrement sur Systran.
On y trouve des exemples assez éclairants :
Raymond Smullyan a suggéré
cet aller retour (anglais/russe/anglais) qui proviendrait d'un
traducteur ancien :
" L'esprit est fort
mais la chair est faible "
qui donnerait :
" L'eau de vie est bonne mais la viande est pourrie "
Un exemple donné est particulièrement réussi :
" Le germanium est un semi-conducteur "
deviendrait :
" L'allemand est la moitié d'un chef d'orchestre "
Pour finir - provisoirement - en beauté voici un texticule de GEF avec
sa transformée :
" Le tao méduse tant
car il freine l'âme. Accablé, je m'évanouis puis sombre en un demi
sommeil sans fin. Je ressens mes côlons se nouer au fond du ventre. Mon
moral n'est pas lumière. Je me suis tu "
donne après aller/retour :
" Le CHAT que les méduses le transportent tellement ralentit le cœur
. Maîtrisé, j'ai disparu alors obscurité dans moitié-dors sans extrémité.
Je sens mes deux points pour s'attacher au bas du ventre. Ma morale
n'est pas légère. Je suis vous. "
Il faut repasser à l'anglais pour con prendre certaines interprétations
: TAO lu comme " Traduction Assistée par Ordinateur " donne
CAT : " Computer Assisted Translation " retraduit bien sûr
comme " chat ". Quand aux deux points c'est le signe
typographique " : " en anglais " colon " (le point
virgule étant semi colon). La chaîne lumière® light® léger est
beaucoup plus prévisible.
Le technicien glossolalique

Des
distances & des dictionnaires
Pour mathématiser, quantifier et rendre abscondes et abstruses des idées
par ailleurs bien claires, la notion de " distance " est
souvent un outil pratique. Les Cahiers de l'Amicale du Laboratoire
d'Inventions Scientifique(s) ont déjà publié un texte sur les notions
de distances en général (Calis n° 2 de Floréal 194 rep.) prolongeant
des travaux de sa Sommité le Régent Lacaze. Ce texte portait sur les
distances en taxi à New York et de la difficulté de se rencontrer à
mi-chemin pour les Jets et les Sharks en terrain neutre.
Par ailleurs l'Oupeinpo a modifié les distances parisiennes de
Lacaze en redressant le cours de la Seine.
L'article qui suit, a été, comme pour tout ce Cahier, inspiré d'échanges
sur le web lesquels tournaient autour de la question des "
synonymes " . Le dictionnaire des synonymes utilisé est celui de
Monsieur Bill Gates inclus dans Word 97.
****************
La notion de " distance " peut très bien donner lieu à de
nouvelles (?) contraintes. Par avance, il faut excuser le technicien rédacteur
de ces lignes auprès des " scientifiques " car il risque
d'enfiler pour eux des lieux communs voire des perles dont l'orient a
bien pali depuis les travaux de Mâdâme Kristeva et consorts admirés
par Sokal & Bricquemont.
Soit donc un dictionnaire des synonymes.
Plusieurs questions se posent d'emblée :
- Est-il " connecté " ? En clair peut-on toujours trouver un
chemin pour relier deux mots du dictionnaire par une chaîne de
synonymes. Ou bien y aurait-il à l'intérieur du vocabulaire plusieurs
langages indépendants ? Il y a apparemment des catégories
grammaticales étanches : noms, verbes, adjectifs et autres ... mais on
peut toujours trouver des passerelles comme dîner qui relie verbes et
noms .
- Si il est connecté, on appelle " distance "
entre deux mots la longueur minimale d'une chaîne qui relie les
deux mots. Rien de permet d'affirmer l'unicité de la dite chaîne (qui
serait une géodésique). Si les deux mots ne sont pas connectés on
peut dire que leur distance est infinie. On a bien une " distance
" au sens mathématique du terme en ajoutant la symétrie à savoir
que si A est relié à B alors on admet que réciproquement B est relié
à A (ce qui est fréquent mais pas obligatoire dans le dictionnaire).
On admet de plus que la distance d'un mot à lui même est nulle.
- On appelle " diamètre " du dictionnaire (s'il est connecté)
la plus grande distance entre deux mots et alors on peut transposer les
notions métriques liées à cette distance : " médiatrice "
= ensemble des mots à même distance de deux mots fixés, " cercle
" = ensemble des mots situés à distance donnée d'un mot fixe
appelé centre voire l'orthogonalité par Pythagore mais là l'interprétation
intuitive est plus lointaine.
Il est clair que la distance et toutes les notions dérivées dépendent
du dictionnaire utilisé : plus il est riche, plus les distances sont
petites et plus il a des chance d'être totalement connecté .
Muni de cette distance, on peut alors imaginer bien des travaux de style
oulipien :
- Ecrire un texte dont les mots soient contenus dans une boule de diamètre
donné.
- Ecrire un texte, succession de phrases
dont les mots ( ou seulement les substantifs) sont à distance
unité les uns des autres : au lieu d'un S+7 on pourrait obtenir une dérivation
comme au jeu du " téléphone arabe " vers un nouveau texte.
- Explorer le champ sémantique d'un mot vu par le dictionnaire en
prenant successivement tous ses synonymes de distance 1 puis 2 etc ...
On peut être surpris de la rapidité de la dérive : elle peut se révéler
plus efficace que celle prônée par l'I.S.
- Etant donnés deux mots, trouver une chaîne, si possible minimale,
qui les relie
C'est Raymond Roussel qui a eu le premier cette idée de dérivation
d'un texte et de relier alors le texte source au texte cible. C'est le
" procédé "4 bien connu qui passe des " bandes du vieux
pillard " aux " bandes du vieux billard ".
On saura enfin si il y a loin de l'amour à la haine , si amour rime
avec toujours et quelle est la distance exacte qu'il y a de la coupe
aux lèvres - et si
cette dernière phrase n'aurait pas besoin d'être " aérée
".
Le technicien métrologue intérimaire
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Ce Cahier de l'Amicale
du
Laboratoire d'Inventions Scientifique(s)
porte le Numéro XXII
& ne fait partie d'aucune série
Il poursuit la nouvelle formule de "parution aléatoire"
Il a été matérialisé en été 1999 v.
pour la Procession aux Phynances du 15 tatane
Immatérialisé sur internet
entre les douze coups de minuit le 1-1-2000.
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