Ch. 3,
p. 31(669). Bouvard et Pécuchet,
p. 726,
« Il connaissait leur rêve, et un beau jour
vint leur dire qu'on lui avait parlé d'un domaine à
Chavignolles, entre Caen et Falaise. Cela consistait en une
ferme de trente-huit hectares, avec une manière de
château et un jardin en plein rapport. »
Ch. 8,
p. 55(695). Bouvard et Pécuchet,
p. 923,
« C'était M.
Goutman, négociant en articles de piété ; – il en déballa
quelques-uns, enfermés dans des boîtes, sous le hangar : croix,
médailles et chapelets de toutes les dimensions, candélabres
pour oratoires, autels portatifs, bouquets de clinquant – et des
sacrés-cœurs en carton bleu, des saint Joseph à barbe rouge, des
calvaires de porcelaine. »
Ch. 20,
p. 100(745). Un cœur simple, p. 598
(p. 27 Folio),
« Elle lui
servit un déjeuner où il y avait de l’aloyau, des tripes, du
boudin, une fricassée de poulet, du cidre mousseux, une tarte
aux compotes et des prunes à l’eau-de-vie… »
Ch. 24,
p. 140-1(787). L’Éducation sentimentale, p. 181
(La Pléiade) (p. 193-4 Pr. Pocket),
« … « Je vous flanque en
Vénitienne. »
Elle aurait une robe de velours ponceau avec une ceinture
d’orfèvrerie, et sa large manche doublée d’hermine laisserait
voir son bras nu qui toucherait à la balustrade d’un escalier
montant derrière elle. A sa gauche, une grande colonne irait
jusqu’au haut de la toile rejoindre des architectures, décrivant
un arc. On apercevrait en dessous, vaguement, des massifs
d’orangers presque noirs, où se découperait un ciel bleu, rayé
de nuages blancs. Sur le balustre couvert d’un tapis, il y
aurait, dans un plat d’argent, un bouquet de fleurs, un
chapelet d’ambre, un poignard et un coffret de vieil ivoire un
peu jaune dégorgeant des sequins d’or ; quelques-uns même,
tombés par terre çà et là, formeraient une suite d’éclaboussures
brillantes, de manière à conduire l’œil vers la pointe de son
pied, car elle serait posée sur l’avant-dernière marche, dans un
mouvement naturel et en pleine lumière. »
Ch. 27,
p. 160(807). Correspondance,
p. 337-8 (La Pléiade, Vol.1)
lettre du 13 septembre 1846, à Louise Colet
" Je suis triste, ennuyé, horriblement agacé. Je redeviens comme
il y a deux ans, d'une sensibilité douloureuse. Tout me fait mal
et me déchire. Tes deux dernières lettres m'ont fait battre le
cœur à me le rompre. Elles me remuent tant ! quand dépliant
leurs plis le parfum du papier me monte aux narines et que la
senteur de tes phrases caressantes me pénètre au cœur. –
Ménage-moi ; tu me donnes le vertige avec ton amour ! – Il faut
bien nous persuader pourtant que nous ne pouvons vivre ensemble.
– Il faut se résigner à une existence plus plate et plus pâle.
Je voudrais te voir en prendre l'habitude, que mon image au lieu
de te brûler te réchauffe, qu'elle te console au lieu de te
désespérer. Que veux-tu, chère amie, il le faut. Nous ne pouvons
être toujours dans cette convulsion de l'âme dont les
abattements qui la suivent sont la mort. Travaille, pense à
autre chose. Toi qui as tant d'intelligence, emploies-en un peu
à te rendre plus tranquille. Moi ma force est à bout. Je me
sentais bien du courage pour moi seul, mais pour deux ! Mon
métier est de soutenir tout le monde, j'en suis brisé, ne
m'afflige plus par tes emportements qui me font me maudire
moi-même sans que pourtant j'y voie de remède.
Ch. 46,
p. 266(917). L’Éducation sentimentale,
p. 352,
« Ils furent éblouis par la splendeur du
plafond, divisé en compartiments octogones, rehaussé d'or et
d'argent, plus ciselé qu'un bijou,… »
Ch. 48,
p. 273(925-6). Correspondance, p. 687
lettre à sa mère, Damas, le 9 septembre 1850.
« Figure-toi
une grande cour carrée, entourée sur trois faces de bâtiments
peints en blanc avec de grandes bandes horizontales rouges,
vertes, bleues, noires. Du haut de la terrasse de la maison
pendent des plantes qui tombent en chevelures. – Et des vignes
grosses comme des arbres montent d’en bas. J’ai devant moi sous
mes yeux une énorme touffe de lauriers-roses dont toutes les
fleurs épanouies font des taches rouges dans la verdure. […]
Au milieu de la cour, sur le pavé qui est en marbre de couleur,
trottine en faisant sonner ses minces sabots une petite gazelle
qui a les yeux noirs les plus charmants du monde. »
Ch. 50,
p. 283(936). L’Éducation sentimentale, p. 359, 355,
358, 456 (p. 398, 402, 404 Pr Po)
« Un peintre en blouse bleue travaillait au
pied d'un chêne, avec sa boîte à couleurs sur les genoux. »
« Le ciel d'un bleu tendre, arrondi comme un
dôme, s'appuyait à l'horizon sur la dentelure des bois. »
« En bas, sur le bord de la route, une petite
fille nu-pieds dans la poussière, faisait paître une vache. »
Ch. 69,
p. 409(1071). Bouvard et Pécuchet,
p. 786,
« Il faut
avoir, premièrement, un bon havresac de soldat, puis une chaîne
d'arpenteur, une lime, des pinces, une boussole, et trois
marteaux, passés dans une ceinture qui se dissimule sous la
redingote, et "vous préserve ainsi de cette apparence originale,
que l'on doit éviter en voyage". Comme bâton, Pécuchet adopta
franchement le bâton de touriste, haut de six pieds, à longue
pointe de fer. »
*Ch. 83,
p. 490(1159).
Remplace Leiris, à cause de la contrainte Faux.
Un cœur simple, p. 592 (p. 18 Folio),
« En toute saison elle portait un mouchoir
d’indienne fixé sans le dos par une épingle, un bonnet lui
cachant les cheveux, des bas gris, un jupon rouge, et par-dessus
sa camisole un tablier à bavette, comme les infirmières
d’hôpital. »
Il n’y a que 9 des 10 chapitres programmés : le dixième
correspondait à la case-chapitre du coin inférieur gauche,
éliminé. L’élément couplé, 5. Rabelais, subit le même sort.
1.c. 2.
Citations de Sterne
(Laurence), romancier anglais, 1713-1768.
Elles proviennent toutes de Vie et
opinions de Tristram Shandy, gentilhomme,
Traduction, par Claude Mauron,
de The Life and Opinions of
Tristram Shandy, Gentleman.
Ch. 10,
p. 60(701). Livre IV
« Yorick »
Ch. 38,
la citation est absente.
Ch. 40, p.
229(879). Livre V Chapitre VII
p. 76 (p. 322 GF),
« … la chemise de nuit en satin
vert… »
Ch. 60, p.
363(1021-2). Livre VI Chapitre XIX (p. 186-7,
399 et 397 GF),
p. 186-7 « Or Agelastes (dénigrant mon livre)
y trouve quelque esprit peut-être, mais point de jugement ; et
comment en trouverait-on ? demandent Triptolemus et Phutatorius
[…]
Et maintenant, anti-shandiens, chers et très
compétents critiques et confrères […] Monopolus, mon
maître en politique ; Didius, mon conseil ; Kysarcius, mon ami ;
Phutatorius, mon guide ; Gastriphères, qui me conserve la vie ;
Somnolentius, qui y répand baume et repos ;… »
p. 399 « – Et qu’était ce Latus Clavus ?
demanda mon père.
Rubenius lui répondit que la chose était
encore disputée parmi les savants ; que Egnatius, Sigonius,
Bossius Ticinensis, Bayfius, Budaeus, Salmasius, Lipsius,
Lazius, Isaac Casaubon et Joseph Scaliger différaient tous
d’opinion et que lui-même n’était pas de leur avis… »
p. 397 « Sur cette affaire de culottes, après
en avoir débattu avec ma mère, mon père consulta Albertus
Rubenius. Or Albertus Rubenius en usa s’il se peut dix fois plus
mal avec mon père que celui-ci avec ma mère. Car Rubenius ayant
expressément écrit un in-quarto, De re Vestiaria Veterum,
[…] Sur tous les autres articles d’une
garde-robe antique, Rubenius renseigna généreusement mon père ;
il lui décrivit, avec un détail pleinement satisfaisant :
la Toge, ou robe lâche,
la Chlamys,
l’Ephode,
la Tunica, ou camisole,
la Synthesis,
la Paenula,
la Lacema, avec son Cucullus,
le Paludamentum,
la Proetexta,
le Sagum, ou justaucorps des soldats,
la Trabea dont, à en croire Suétone, il y
avait trois espèces. »
Ch. 75,
p. 448(1113). Livre IX Chapitre XXVI
p. 460 (p. 588 GF),
« Cette image frappa les facultés internes de
mon oncle Toby et fut suivie aussitôt par celle de sa grande
carte de Namur, ville, citadelle et environs, achetée au cours
de sa longue maladie et collée sur une planche… »
Ch. 77,
p. 456(1121-2). Livre III Chapitre XXIV p.
383 (p. 201 GF),
« … mon père épuisait son éloquence
(dont il avait un grand fonds) à faire le panégyrique du Bélier
antique ou de la Vinea dont Alexandre fit usage au siège de Tyr.
Il entretenait mon oncle Toby de la Catapulte syriaque qui
projetait à tant de pieds de monstrueux blocs de pierre et
ruinait jusque dans leurs fondations les plus solides remparts.
Il décrivait ensuite le merveilleux mécanisme de la Balliste
dont Marcellinus fit un si grand cas ; les effets terribles du
Pyrobole qui lançait le feu, et les menaces de la Térébra et du
Scorpio qui projetaient des javelines. »
Ch. 79,
remplacé par Leiris, à cause de la contrainte du Faux.
Ch. 81,
Manque.
Ch. 87,
p. 516(1188). I
p. 34,
« Sir Thomas Lawrence ».
Ch. 97,
p. 583(1260). Livre VI Chapitre XXIV
p. 201 (p. 405 GF),
« Les narguilés n’avaient rien de
particulier : montés et ornés à l’ordinaire, ils possédaient un
tuyau flexible en cuir du Maroc fileté d’or et terminés par un
bouquin en ivoire pour l’un, et pour l’autre en ébène incrustée
d’argent. […]
La montera*, écarlate, du plus fin drap
d’Espagne et de la meilleure teinture, était entièrement bordée
de fourrure sauf quatre pouces sur le devant qu’occupait une
applique bleu pâle et finement brodée… »
* une montera est un grand bonnet espagnol,
porté par les cavaliers, et pouvant se rabattre sur les
oreilles.
1.c. 3. Citations de Proust (Marcel), romancier français,
1871-1922.
*Ch. 14
remplace Kafka, contrainte du Faux
p. 79(720). Pastiches, p. 31,
ERNEST RENAN
« Si Lemoine avait réellement fabriqué du
diamant, il eût sans doute contenté par là, dans une certaine
mesure, ce matérialisme
grossier avec lequel devra compter de
plus en plus celui qui prétend
se mêler des affaires
de l'humanité; il n'eût pas donné aux âmes éprises
d'idéal cet élément d'exquise
spiritualité sur lequel, après si longtemps, nous vivons
encore. »
Ch. 19,
citation absente.
Ch. 41,
Manque.
Ch. 43,
p. 242(892). A la Recherche du temps perdu,
« Le Temps retrouvé », p. 80,
« Et vous ne savez pas quel soldat est le
soldat allemand […] " Voyez-vous, me dit-il, le superbe
gaillard qu’est le soldat boche est un être fort, sain, ne
pensant qu’à la grandeur de son pays. Deutschland über alles
ce qui n’est pas si bête, tandis que nous – tandis qu’ils se
préparaient virilement – nous nous sommes abîmés dans le
dilettantisme."»
Ch. 49,
p. 281(934). A la Recherche du temps perdu,
« Le Temps retrouvé », p. 715,
« … à la vente d’un descendant de Mme
de la Fayette à qui elles auraient été données par Henriette
d’Angleterre, perles devenues noires à la suite d’un incendie
qui détruisit une partie de la maison que les Verdurin
habitaient dans une rue dont je ne me rappelle plus le nom,
incendie après lequel fut retrouvé le coffret où étaient ces
perles, mais devenues entièrement noires. »
Ch. 54,
p. 320-322(976-7). A la Recherche du temps perdu,
« La Prisonnière », p. 116 sq.,
« Certains des nourritures criées dans la rue
[…] Bien distincts dans ce quartier si tranquille […]
m’arrivaient, chacun avec sa modulation différente, des
récitatifs clamés par des gens du peuple, […] musique de
la foule, qui est plutôt un langage qu’une musique. C’était
« Ah ! le bigorneau, deux sous le bigorneau » , qui faisait se
précipiter vers les cornets où on vendait ces affreux petits
coquillages, qui, s’il n’y avait pas eu Albertine, m’eussent
répugné, non moins d’ailleurs que les escargots que j’entendais
vendre à la même heure. […] après avoir presque
« parlé » : « Les escargots, ils sont frais, ils sont beaux »,
c’était avec la tristesse et le vague de Maeterlinck,
musicalement transposés par Debussy, que le marchand
d’escargots, dans un de ces douloureux finales […]
ajoutait avec une charmante mélancolie : « On les vend dix sous
la douzaine… » […] Mais cette lamentation métaphysique
n’avait pas le temps d’expirer au bord de l’infini, elle était
interrompue par une vive trompette. Cette fois il ne s’agissait
pas de mangeailles, les paroles du libretto étaient : « Tonds
les chiens, coupe les chats, les queues et les oreilles. »
[…] le marchand d’habits […]
psalmodiait « Habits, marchand d’habits, ha…bits » avec
la même pause entre les deux dernières syllabes d’habits que
s’il eût entonné en plain-chant…
[…] une marchande de quatre-saisons,
poussant sa voiturette, usait pour sa litanie de la division
grégorienne :
« A la tendresse, à la verduresse
Artichauts tendres et beaux
Ar – tichauts. »
[…] se mêlait déjà la cloche du
repasseur, lequel criait : « Couteaux, ciseaux, rasoirs ». Avec
lui ne pouvait lutter le repasseur de scies, car, dépourvu
d’instrument, il se contentait d’appeler : « Avez-vous des scies
à repasser, v’là le repasseur », tandis que, plus gai, le
rétameur, après avoir énuméré les chaudrons, les casseroles,
tout ce qu’il rétamait, entonnait le refrain :
« Tam, tam, tam
C’est moi qui rétame
Même le macadam
C’est moi qui mets des fonds partout,
Qui bouche tous les trous,
Trou, trou, trou » ;
et de petits Italiens, portant de grandes
boîtes de fer peintes en rouge où les numéros – perdants et
gagnants – étaient marqués, et jouant d’une crécelle
proposaient : « Amusez-vous, Mesdames, v’là le plaisir. »
Ch. 66,
p. 398(1060). A la Recherche du temps perdu,
« Le Temps retrouvé », p. 1043,
« Et je vivrais dans l’anxiété de ne pas
savoir si le Maître de ma destinée, moins indulgent que le
sultan Sheriar, le matin quand j’interromprais mon récit,
voudrait bien surseoir à mon arrêt de mort et me permettrait de
reprendre la suite le prochain soir… »
Ch. 68, p.
406(1067). A la Recherche du temps perdu,
« La Prisonnière », p. 63,
« Albertine avait aux pieds des souliers
noirs ornés de brillants […] un peu plus tard Albertine
eut des mules, certaines en chevreau doré, d’autres en
chinchilla, … »
Ch. 72,
p. 429(1092). A la Recherche du temps perdu,
« La Fugitive », p. 656,
« La dépêche que j’avais reçue dernièrement
et que j’avais crue d’Albertine, cette dépêche était de
Gilberte. Comme l’originalité assez factice de l’écriture de
Gilberte consistait principalement, quand elle écrivait une
ligne, à faire figurer dans la ligne supérieure les barres des
t qui avaient l’air de souligner les mots ou les points
sur les i qui avaient l’air d’interrompre les phrases de
la ligne d’au-dessus, et en revanche à intercaler dans la ligne
d’au-dessous les queues et arabesques des mots qui leur étaient
superposés, il était tout naturel que l’employé du télégraphe
eût lu les boucles d’s ou d’y de la ligne
supérieure comme un « ine » finissant le nom de Gilberte. Le
point sur l’i de Gilberte était monté au-dessus faire
point de suspension. Quant à son G, il avait l’air d’un
A gothique. »
Ch. 82,
p. 488(1156). A la Recherche du temps perdu,
« Le Temps retrouvé », p. 1024,
« Dans un petit salon Empire, où quelques
habits noirs écoutaient assis sur un canapé, on voyait à côté
d’une psyché supportée par une Minerve une chaise longue, placée
de façon rectiligne, mais à l’intérieur incurvée comme un
berceau, et où une jeune femme était étendue. La mollesse de sa
pose, que l’entrée de la duchesse ne lui fit même pas déranger,
contrastait avec l’éclat merveilleux de sa robe Empire en une
soierie nacarat devant laquelle les plus rouges fuchsias eussent
pâli… »
Ch. 99,
p. 597(1275). A la Recherche du temps perdu,
« La Fugitive », p. 651,
« Ici,
il semblait exprès caché dans un entrecroisement de ruelles,
comme ces palais des contes orientaux où on mène la nuit un
personnage qui, ramené avant le jour chez lui, ne doit pas
pouvoir retrouver la demeure magique où il finit par croire
qu’il n’est allé qu’en rêve.
1.c. 4. Citations de Kafka
(Franz), écrivain tchèque, 1883-1924. (traduit de l’allemand par Alexandre
Vialatte)
Ch. 1, p.
22(660). Le Procès, dixième chapitre,
p. 267,
« … deux messieurs se présentent chez
K. . En redingote, pâles et gras, et surmontés de hauts-de-forme
qui semblaient vissés sur leur crâne. […] K., vêtu de
noir lui aussi, s’était assis près de sa porte dans l’attitude
d’un monsieur qui attend quelqu’un et s’occupait d’enfiler des
gants neufs dont les doigts se moulaient petit à petit sur les
siens. »
Ch. 13, p.
70-1(712). Premier chagrin (une nouvelle de Un
champion de jeûne, en p. 53-5 de l’édition Livre de Poche
de La Colonie pénitentiaire),
« … un trapéziste, poussé d’abord par
la seule ambition de se perfectionner, puis par une habitude
devenue tyrannique, avait organisé sa vie de telle sorte qu’il
pût rester sur son trapèze nuit et jour aussi longtemps qu’il
travaillait dans le même établissement. Des domestiques se
relayaient pour pourvoir à tous ses besoins, qui étaient
d’ailleurs très restreints ; ces gens attendaient sous le
trapèze et faisaient monter ou descendre tout ce qu’il fallait à
l’artiste dans des récipients fabriqués spécialement à cet
effet. Cette façon de vivre n’entraînait pour l’entourage aucune
véritable difficulté ; ce n’était que pendant les autres numéros
du programme qu’elle devenait un peu gênante : on ne pouvait
dissimuler que le trapéziste fût resté là-haut, et le public,
bien que fort calme en général, laissait parfois errer un regard
sur l’artiste. Mais la direction n’en voulait pas à cet homme,
car c’était un acrobate extraordinaire qu’on n’eût jamais pu
remplacer. On se plaisait à reconnaître d’ailleurs qu’il ne
vivait pas ainsi par espièglerie, que c’était pour lui la seule
façon de se tenir constamment en forme et de posséder toujours
son métier dans la perfection. […] Il eût donc vécu dans
le calme sans les inévitables voyages de ville en ville qui lui
pesaient énormément. L’impresario faisait tout pour
abréger le plus possible ses souffrances : dans les
agglomérations urbaines, on employait des automobiles de course,
on roulait de nuit ou de grand matin à toute allure dans les
rues désertes ; mais on allait toujours trop lentement pour
l’impatience de l’artiste ; dans le train on faisait réserver un
compartiment tout entier où il pouvait chercher à vivre un peu
comme sur son trapèze, et se coucher dans le filet ; ce trapèze,
à l’étape, on l’installait longtemps avant l’arrivée de
l’acrobate, toutes les portes étaient tenues grandes ouvertes et
tous les couloirs dégagés, et cependant l’impresario vivait
toujours l’un des plus beaux moments de sa vie quand il voyait
l’artiste poser le pied sur l’échelle de corde, grimper rapide
comme l’éclair et se percher enfin là-haut. »
Ch. 14,
remplacé par Proust à cause de la contrainte Faux
Ch. 33,
p. 205(853-4). Le Vieux Garçon, dans La
Muraille de Chine, p. 194, (p. 135 Folio),
« Contrairement
à son habitude qui
est de
feuilleter le périodique page à page, il l'ouvre
au hasard et
tombe sur une gravure qu'il s'oblige
à regarder de
près. Elle
représente la rencontre sur
un vaisseau de
guerre du Czar et du Président de
la République
Française. Partout, jusqu'à l'horizon,
ce ne sont que
navires dont la fumée se perd dans
un ciel sans
nuages. A grands pas, le Czar et le
Président
viennent de s'avancer l'un vers l'autre,
et se donnent
la main. Derrière le Czar, comme
derrière le
Président, se tiennent deux messieurs
;
par contraste
avec la joie manifeste des visages des
deux chefs,
leurs visages paraissent graves. Les regards
des deux escortes se concentrent sur leurs souverains
respectifs. En bas, la scène a lieu visiblement
sur le haut-pont du navire; à
demi coupées par la marge de la gravure, de
longues rangées de matelots
se dressent au garde-à-vous.
Ch. 39,
p. 227-8(878). Journal, p. 136,
« Dans
sa jeunesse, on ouvrait le tombeau de Napoléon
une fois l'an et l'on
faisait défiler les Invalides pour leur montrer
le visage de l'empereur embaumé, spectacle plus propice
à la terreur qu'à
l'admiration, car ce visage était enflé et
verdâtre; c'est du reste
pourquoi l'ouverture du tombeau fut
supprimée par la suite. Mais
Richepin eut encore l'occasion de le voir, juché sur le bras de
son grand-oncle qui avait servi en Afrique et pour qui le
commandant avait fait tout exprès ouvrir le tombeau. »
Ch. 51,
p. 293(947) vers 19 du compendium.
Journal, p. 372 (30 juin),
« le ménage Thomas, chez qui nous habitons,
couple gras et mangeur de saucisses… »
Ch. 57,
p.
335(991).
Journal, p. 367,« Au dernier étage, je trouvai ma vieille
mère debout à la porte ouverte, une bougie à la main
– Prends garde, prends garde, m’écriai-je de
l’avant-dernier étage, ils me poursuivent.
– Qui cela ? Qui cela ? demanda ma mère. Qui
pourrait donc te poursuivre, mon garçon ?
– Six hommes, dis-je, à bout de souffle.
– Tu les connais ? demanda ma mère.
– Non, six inconnus, dis-je.
– Comment sont-ils donc ?
– Je les ai à peine vus. L’un porte toute sa
barbe, une barbe noire, un autre a une grosse bague au doigt, un
autre a une ceinture rouge, un autre a des pantalons déchirés
aux genoux, un autre n’a qu’un œil d’ouvert et le dernier montre
les dents.
– N’y pense plus, dit ma mère, va dans ta
chambre, couche-toi, j’ai préparé ton lit. »
*Ch. 61,
p. 367(1027).
liée au ch. 51, vers 19 du compendium
Journal,
p. 372 (30 juin),
« le ménage Thomas, chez qui nous habitons,
couple gras et mangeur de saucisses… »
Ch. 71,
p. 422(1086). Le Procès,
Sixième chapitre, p. 134,
« Il remarqua surtout une grande toile pendue à droite de la
porte […] Elle représentait un homme en robe de juge,
assis sur un trône élevé dont la dorure éclaboussait tout le
tableau. »
Ch. 78,
p. 465(1131). Le Coup à la porte du domaine,
dans La Muraille de Chine, p. 135-6,
« La
pièce avait l'air d'une cellule bien plutôt que
d'une salle de ferme. De
grandes dalles, un mur
sombre et nu, un anneau de fer maçonné quelque
part, au milieu quelque chose qui tenait du lit de camp
et de la table d'opération. »
Ch. 98,
p. 595(1273). Le Chasseur Gracchus,
dans La Muraille de Chine,
« Deux enfants
étaient assis sur le mur du quai et
jouaient aux
dés. Un homme lisait un journal sur les
marches du
monument, dans l'ombre du héros qui
brandissait
son sabre. Une jeune fille remplissait son
seau à la
fontaine. Un marchand de fruits, couché près
de sa balance,
promenait ses regards sur le lac. Au
fond d'un
cabaret, par la porte béante et les fenêtres
grandes
ouvertes on voyait deux hommes attablés
devant une
bouteille de vin. »
1.c. 5. Citations de Leiris (Michel),
écrivain français, 1901-1990.
Ch. 4,
p. 32(670-1). Nuits sans nuit, p.
22, 25-26 AOÛT 1924
« Une rue de banlieue, la nuit, entre des terrains vagues. A
droite, un pylône métallique dont les traverses portent sur
chacun de leurs points d’intersection une grosse lampe
électrique allumée. A gauche, une constellation reproduit,
renversée (base au ciel et pointe vers la terre), la forme
exacte du pylône. Le ciel est couvert de floraisons (bleu foncé
sur fond plus clair) identiques à celles du givre sur une
vitre. »
Ch. 16,
citation absente
Ch. 22, p.
120(764). .
Point
cardinal, (dans Mots sans
mémoire),
« une longue banderole blanche sur
laquelle je pouvais lire distinctement
CHAMPS CATALAUNIQUES
».
Ch. 25,
p. 149-150(796). Cinq études d’Ethnologie,
Gonthier, Médiations, p. 120-121, A travers « Tristes Tropiques »
[de Claude Lévi-Strauss]
« … c’est une autre déception qui
attend l’enquêteur [Lévi-Strauss]
chez les Tupi-Kawahib, abordés au prix de multiples fatigues :
« J’avais voulu aller jusqu'à l’extrême pointe de la
sauvagerie ; n’étais-je pas comblé, chez ces gracieux indigènes
que nul n’avait vus avant moi, que personne, peut-être, ne
verrait plus après ? Au terme d’un exaltant parcours, je tenais
mes sauvages. Hélas, ils ne l’étaient que trop. […] Ils
étaient là, tout prêts à m’enseigner leurs coutumes et leurs
croyances et je ne savais pas leur langue. Aussi proches de moi
qu’une image dans le miroir, je pouvais les toucher, non les
comprendre. » Quelque irritants que soient les
déboires auxquels s’expose celui qui se voue corps et âme à la
profession d’ethnographe afin de prendre par ce moyen une vue
concrète de la nature profonde de l’homme – soit, en
d’autres termes, une vue du minimum social qui définit la
condition humaine à travers ce que les cultures diverses peuvent
présenter d’hétéroclite – et bien qu’il ne puisse aspirer à rien
de plus que mettre au jour des vérités relatives (l’atteinte
d’une vérité dernière étant un espoir illusoire), la pire des
difficultés qu’il affronte n’est pas encore celle-là. »
Ch. 34,
citation absente (« reste à trouver »,
a écrit Perec).
Ch. 44, p.
251(901-2). Aurora, p. 171,
« D’abord, une
réclame du whisky Johnnie Walker, avec le portrait d’un
gentleman à petits favoris, en habit rouge de l’époque des
dernières diligences, portant culotte blanche, bottes à revers,
haut de forme gris, et tenant une badine à la main. »
Ch. 64, p.
382(1042). Fourbis, p. 155,
« … on n’avait plus besoin de personne
quand j’arrivai sur le trottoir et, le lendemain dans la soirée,
s’ébranlaient le bourdon de Notre-Dame et toutes les autres
cloches pour fêter l’arrivée des troupes de la libération. »
*Ch. 79, p. 472(1138). (remplace
Sterne, contrainte du Faux)
Nuits sans nuit, p. 121,« Le jeune premier, officier autrichien
moustachu et portant dolman à brandebourgs ».
Ch. 83, p.
493(1162). Fibrilles, p. 11 +
Aurora, p. 17,
« … voici un rêve que j’ai fait […]
je suis reçu par le philosophe Confucius, sorte de vieil
Anglo-Saxon glabre, précieux et pédéraste, qui se serait
travesti en mandarin à lunettes et grande robe pour quelque bal
masqué »
(Fibrilles, p. 11).
« De vieux corsets mêlés à des piles
d’anciens carnets de bal, des fleurs séchées, des robes de soie
usées jusqu’à la corde voisinaient avec des lambeaux de fourrure
mangés aux mites, des éventails rongés ressemblant à des pattes
de canard dépouillées de leur palme, des souliers d’argent
admirablement fins et délicats mais sans semelles ni talons, des
reliefs de festin et deux ou trois petits chiens empaillés, … »
(Aurora, p. 17).
Ch. 86, p.
512(1183). Aurora, p. 172,
« Cela
représentait une très jeune fille, de quatorze ou quinze ans
peut-être, vêtue d’une courte combinaison de dentelle. Les
baguettes ajourées de ses bas se terminaient en fers de lance et
à son cou pendait une petite croix dont chaque branche était un
doigt qui, sous l’ongle, saignait légèrement. Elle était assise
devant une machine à coudre, près d’une fenêtre ouverte laissant
apercevoir les rocs amoncelés d’un paysage rhénan, et sur la
lingerie qu’elle piquait se lisait cette devise, brodée en
caractères gothiques allemands
Berstörung
Das hübsche Schulmädchen
».
Ch. 93, p.
563(1239). Biffures, p. 168 (p. 182-3 de
L’Imaginaire),
« … imprimé de couleur vert pâle en
tête duquel est figuré, sous le titre « Le Lilas », une
branche de lilas servant de fond à deux cercles dont l’un
circonscrit un bélier et l’autre un croissant lunaire aux
pointes tournées vers la droite : horoscope de pacotille que me
remit un mendiant mutilé, un jour que j’étais attablé à la
terrasse de la Taverne du Palais avec un personnage… »
1.c. 6.
Citations de Roussel (Raymond),
écrivain français, 1877-1933.
Ch. 5,
citation absente.
Ch. 7,
p. 44-5(683). Locus Solus, p. 259-260, (p.
164-5 Pauvert), (p. 169-170 Folio),
« Le cob du blanc-seing se trouvait juste sous le milieu de la
feuille, que Quentin plia en deux de façon très coupante, afin
de fixer ensuite l’une contre l’autre, avec une colle
transparente, les deux moitiés haute et basse du verso.
L’ensemble offrait, dès lors, l’aspect
d’une épaisse et courte feuille simple […] En séparant
ensuite avec une lame les deux parties collées, facilement
lavables, on aurait, en redressant le parchemin, une pièce en
règle… »
Ch. 18,
p. 93(736). Indications à Zo pour les 59 dessins des
Nouvelles Impressions d’Afrique.
Dessin n° 13 Un prêtre donnant les cendres à un
fidèle. 23 Un homme mettant une pièce de monnaie
dans une tirelire en forme de tonneau. 31 Une femme assise dans le coin d’un
wagon, le bras passé dans une brassière. 34 Deux hommes en sabots par temps de
neige, battant la semelle pour se réchauffer les pieds. 17 Un avocat en train de plaider. Attitude
véhémente. 22 Un violoniste en train de jouer, la
sourdine mise.*
[ *
sourdine que Zo a dessinée à un emplacement aberrant !!!] 21 Un homme tendant sa carte de visite à
un autre. Attitudes agressives faisant penser à un duel.
Ch. 26,
p. 152(798). Nouvelles Impressions
d’Afrique.
Damiette (titre du chant I ).
Le champ de bataille des Pyramides (titre du
chant II ).
Ch. 36,
p. 216(867). Nouvelles Impressions
d’Afrique (chant II, dernier vers),
« L’Egypte, son soleil, ses soirs, son
firmament. »
Ch. 47, p.
269(920). Locus Solus, p. 113, (p. 65
Pauvert), (p. 67 Folio),
« Sur le fond du vaste réservoir gisait un long cornet
métallique très pointu, percé de plusieurs trous. »
Ch. 55,
p. 327(982). Locus Solus, p. 392-3,
(p. 254-5 Pauvert), (p. 161 Folio),
« Rangeant sa gerbe, la sibylle sortit d’une
étroite et haute boîte de vieux cuir au couvercle absent un
grand jeu de tarots – et posa l’un d’eux à plat, le dos
touchant la table. […] Pendant que Félicité continuait son
manège, étalant côte à côte au hasard, la face principale en
vue, l’ermite et le soleil, la lune et le
diable, le bateleur et le jugement, la
papesse et la roue de fortune, Cantarel
ouvrait, après l’avoir prise sur la table non loin d’une spatule
d’ivoire, certaine boîte ronde en métal, pleine d’une poudre
blanche qu’il nous donna pour la reproduction fidèle d’un des
fameux placets de Paracelse, préparations imaginées pour
obtenir par sécrétion des sortes de remèdes opothérapiques. »
Ch. 63, p.
378(1037). La Halte, dans Comment j’ai écrit certains
de mes livres, p. 224 (p. 222 de 10 / 18),
« Quatre ou cinq marmitons […] se
suivaient par rang de taille, apportant des plats gigantesques
montés avec beaucoup d’art ; le plus petit marchait en tête,
succombant sous le poids d’une volaille plus grosse que lui. »
Ch. 65,
p. 390(1051). Locus Solus, p. 208, (p.
130 Pauvert), (p. 134 Folio),
« … nous reculâmes de deux pas et
pûmes dès lors examiner sans obstacle un cylindre noir, lourd
d’apparence, qui, debout sur le plancher, était surmonté d’une
grosse ampoule sphérique en verre, d’où émanait une clarté
bleue, visible malgré le plein jour. »
Ch. 91,
p. 556(1232). Locus Solus, p. 266, (p.
169 Pauvert), (p. 174 Folio),
« On eut dès lors, à bord de chaque navire,
une aiguille aimantée qui montrait le nord, soutenue par deux
fétus de paille sur l’eau d’une fiole à demi pleine. Appelé
marinette*, cet instrument primitif était l’ancêtre du
compas véritable, qui n’apparut, muni d’une rose des
vents, que trois siècles plus tard.
*Marinette, – compagne du marin. »
Le relevé des citations de Roussel se trouve dans
Perecollages, recueil d’articles de Bernard Magné, paru en
1989, à Toulouse, Presses universitaires du Mirail.
1.c. 7.
Citations de Queneau (Raymond), écrivain français,
1903-1976.
Ch. 11, p.
62(703-4). Le Chiendent, p. 79 Folio,
« L’éplucheur de pommes de terre, par
exception, ne faisait pas recette. La foule était moins dense
que de coutume, ce qui permit à Etienne, sortant de sa banque de
voir enfin l’appareil et la manière de s’en servir. Ce n’était
d’ailleurs pas la seule merveille que l’on vendît dans cette
baraque ; on y proposait également à l’avidité des esprits
pratiques un fouet à mayonnaise avec un entonnoir laissant
tomber l’huile goutte à goutte ; un instrument pour couper les
œufs durs en tranches minces ; un autre pour faire des
coquilles de beurre et enfin une sorte de vilebrequin
horriblement compliqué dont le démonstrateur ne daignait pas
expliquer l’usage et qui n’était sans doute qu’un tire-bouchon
perfectionné. »
Ch. 30, p.
180(826). Loin de Rueil,
« James Charity » [c’est
le nom d’acteur pris par le héros du roman,
Jacques l’Aumône ].
Ch. 31, p.
184(830). Les Enfants du limon,
p. 176, L’imaginaire,
« Dans la petite ville d’où il s’était envolé quelque quatre ans
auparavant, on le considérait comme un bon ouvrier, un futur
contremaître, un petit patron probable … »
p. 185(931) « une mercerie à
Palinsac »
évoque Pierrot mon ami, livre qui n’était pas programmé
pour fournir des Allusions pour ce chapitre … rien ne
l’interdisait à Perec !
Ch. 37, p.
219(869). Exercices de style, p.
126, Folio, (macaronique) « cum altero ejusdem
farinae ».
Ch. 59, p.
350(1007). Le Vol d’Icare, p. 9,
65-66, 78,
p. 9 « Cocher, touchez au 47 rue
Bochart de Saron et que ça bouge ! »
p. 65-66 « Et maintenant en route pour le
Café Anglais ! […] C’est là que l’on mange des truffes au
foie gras, du caviar aux lentilles, des cailles en caisse, des
huîtres d’Ostende que l’on arrose de vin de Tokay et d’eau
d’arquebuse sans oublier le champagne… »
p. 78 « Au Café Anglais, Icare, LN
terminent leur souper. Ils sablent une bouteille de Grand
Crémant. »
Ch. 74,
p. 446(1110). Les Enfants du limon,
p. 155, L’imaginaire,
« Ast conseilla de faire un emprunt auprès des personnes
qualifiées pour acheter des cornues, des flacons à tubulure
latérale et de la verrerie variée ; … »
Ch. 80, p.
480(1147). Un rude hiver, p. 168,
« elle… alla quérir deux morceaux de
sucre, un verre, une cuiller et la bouteille de rhum ».
Ch. 90, p.
552(1244). Le Dimanche de la vie, p.
224, Folio,
« Trois jeunes filles inexplicablement
habillées en alpinistes, profitaient de la décence de ce costume
pour essayer de grimper dans un compartiment par la fenêtre. »
Ch. 95, p.
568(1244). Les Fleurs bleues, p. 232, Folio,
« Un personnage de sexe probablement féminin
fit son apparition, vêtu d’un pantalon corsaire et d’un tricot à
rayures horizontales bleues et blanches ; coiffé d’une casquette
d’enseigne de vaisseau, il tenait à la main un faubert. »
p. 572(1249). Un rude hiver, p.
91,
« … un petit Suisse dans le coton […]
se mit à gagner des sommes considérables avec une aisance qu’il
attribuait à son génie commercial jusqu’ici méconnu. Il
trafiquait de tout, achetait des wagons d’ail et des péniches de
lait condensé, revendait des trains d’oignons et des cargos de
crème de gruyère. »
Ch. 96, p.
575(1252). Un rude hiver, p. 64-65,
« Lehameau pensait à des choses très
lointaines, à sa vie. Il tira sur un fil et tout se déroula, il
ne trouvait plus que pièces et que morceaux : une enfance
ennuyeuse et soignée, quelque chose de sinistre et de contrit ;
les études à la Faculté de Caen et les farces d’étudiant, le
service militaire, une première fois, pas désagréable cela ».
** Ch. 97, p. 583(1260).
Odile, p. 132,
« [Le peintre Vladislav] racontait comment
il avait pratiqué la nécrophilie en Bretagne par un jour d’orage
et comment il ne pouvait peindre que pieds nus et reniflant un
mouchoir imbibé d’absinthe et comment à la campagne après les
pluies d’été il s’asseyait dans la boue tiède pour reprendre
contact avec la mère nature et comment il mangeait de la viande
crue qu’il mortifiait à la manière des Huns ce qui lui donne une
saveur incomparable. »
Remarque : Perec ne s’est pas expliqué sur la présence de cette
citation vraiment supplémentaire. Elle n’est pas programmée par
le bicarré ; elle ne vient pas non plus du remplacement d’une
citation programmée, dû à la contrainte Faux : les citations
programmées pour ce chapitre 97 – à prendre chez Sterne et chez
Nabokov – sont effectivement présentes.
De plus, Queneau était déjà programmé pour ce chapitre, par une
allusion à Pierrot mon ami.
Les citations de Queneau ont été exposées par Bernard Magné,
dans
Georges Perec, « Emprunts à Queneau »,
Les Amis de Valentin Brû,
n° 13-14, 1980.
Cet article fut réédité en 1989, dans Perecollages, paru
aux Presses universitaires du Mirail, Toulouse.
1.c. 8.
Citations de Verne (Jules), écrivain français, 1828-1905.
*Ch. 6, p.
40(678).
Remplace Borgès, par un effet de la contrainte Faux.
Le
Château des Carpathes, ch. IX, p. 148-149,
« Orfanik.
Quel âge avait-il, d'où venait-il, où était-il né ? Personne
n'aurait pu répondre à ces trois questions […].
C'était dans le superbe rôle d'Angélica,
d'Orlando, ce chef-d'œuvre du maestro Arconati, qu'elle devait
adresser ses adieux au public […].
La Stilla se laissait emporter alors à toute
la fougue de cette enlevante strette du chant final.[…]
Elle venait de redire cette phrase d'un
sentiment sublime :
Innamorata, mio
cuore tremante,
Voglio morire...
»
Ch. 9, p.
58(698). Les Cinq cents millions de la Begum,
ch. IX, p. 130-131,
« Seulement, à peine Marcel fut-il dehors,
qu'il vit bien que, quoique libre en apparence, il ne pourrait
plus faire un pas sans être escorté des deux personnages qui
répondaient aux noms historiques, ou plutôt préhistoriques,
d'Arminius et de Sigimer.
Il s'était déjà demandé plus d'une fois, en
les rencontrant sur son passage, quelle pouvait bien être la
fonction de ces deux colosses en casaque grise, au cou de
taureau, aux biceps herculéens, aux faces rouges embroussaillées
de moustaches épaisses et de favoris buissonnants ! »
Ch. 23, p.
134(779-780). Vingt mille lieues sous les mers,
ch. XI, p. 75,
« C'était une
bibliothèque. De hauts meubles en palissandre noir, incrustés de
cuivre, supportaient sur leurs larges rayons un grand nombre de
livres uniformément reliés. Ils suivaient le contour de la salle
et se terminaient à leur partie inférieure par de vastes divans,
capitonnés de cuir marron, qui offraient les courbes les plus
confortables. De légers pupitres mobiles, en s'écartant ou se
rapprochant à volonté, permettaient d'y poser le livre en
lecture. Au centre se dressait une vaste table, couverte de
brochures, entre lesquelles apparaissaient quelques journaux
déjà vieux. »
p. 134(780).
L’Île mystérieuse, IIe partie, ch. II p.
224,
« outils : 3 rabots.
2 herminettes.
1 besaiguë.
6 ciseaux à froid.
2 limes.
3 marteaux.
3 vrilles.
2 tarières.
10 sacs de clous et de vis.
3 scies de diverses grandeurs. »
Ch. 28,
citation absente.
Ch. 29, p.
175(821). Un billet de loterie,
ch. V, p. 339,
« Lui, serait digne d’elle dans son flambant
costume de mariage, – jaquette courte à boutons d’argent très
rapprochés, chemise empesée à corolle droite, gilet à liseré
soutaché de soie, culotte étroite, rattachée au genou avec des
bouquets de floches laineuses, feutre mou, bottes jaunâtres, et
à la ceinture, dans sa gaine de cuir, le couteau scandinave, le
« dolknif », dont est toujours muni le vrai Norvégien. »
Ch. 35, p.
215(864-5). Mathias Sandorf,
Deuxième Partie, Chapitre I,
« PESCADE ET MATIFOU,
acrobates français […] Tous deux étaient
nés en Provence. D’où leur venaient ces noms bizarres, qui
avaient peut-être quelque renommée là-bas, dans leur pays
lointain ? Etait-ce de ces deux points géographiques, entre
lesquels s’ouvre la Baie d’Alger, – le cap Matifou et la pointe
Pescade ? Oui, et, en réalité, ces noms leur allaient
parfaitement, comme celui d’Atlas à quelque géant de fêtes
foraines. Le cap Matifou, c’est un mamelon énorme,
puissant, inébranlable, qui se dresse à l’extrémité nord-est de
la vaste rade d’Alger, comme pour défier les éléments déchaînés
et mériter le vers célèbre : Sa masse indestructible a
fatigué le temps ! Or, tel était l’athlète Matifou ; un
Alcide, un Porthos, […] Cet athlète – "il faut le voir pour le
croire" dirait-on de lui – avait près de six pieds de haut, la
tête volumineuse, les épaules à proportion, la poitrine comme un
soufflet de forge, les jambes comme des baliveaux de douze ans,
les bras comme des bielles de machine, les mains comme des
cisailles. C’était la vigueur humaine dans toute sa splendeur, […] Par contraste, à l’extrémité ouest de la
baie d’Alger, la pointe Pescade, opposée au cap Matifou, est
mince, effilée, une fine langue rocheuse, qui se prolonge en
mer. De là, le nom de Pescade donné à ce garçon de vingt ans,
petit, fluet, maigre, ne pesant pas en livres le quart de ce que
l’autre pesait en kilos, mais souple, agile de corps,
intelligent d’esprit, ... »
Ch. 45, p.
257-8(908). Le Tour du Monde en quatre-vingts
jours, ch. 27, p. 154,
« Ce personnage, qui avait pris le train à la
station d'Elko, était un homme de haute taille, très brun,
moustaches noires, bas noirs, chapeau de soie noir, gilet noir,
pantalon noir, cravate blanche, gants de peau de chien. On eût
dit un révérend. Il allait d'une extrémité du train à l'autre,
et, sur la portière de chaque wagon, il collait avec des pains à
cacheter une notice écrite à la main.
Passepartout s'approcha et lut sur une de ces
notices que l'honorable "elder" William Hitch, missionnaire
mormon, profitant de sa présence sur le train n° 48, ferait, de
onze heures à midi, dans le car n° 117, une conférence sur le
mormonisme – invitant à l'entendre tous les gentlemen soucieux
de s'instruire touchant les mystères de la religion des "Saints
des derniers jours". » p. 261(911).
Le Tour du Monde en quatre-vingts jours, ch. 4.
« M. Fogg était prêt. Il portait sous le bras
le Bradshaw’s continental railway steam transit and general
guide, qui devait lui servir toutes les indications
nécessaires à son voyage. »
Ch. 76,
remplacé par Stendhal, à cause de la contrainte Faux.
Ch. 84, p.
502(1172). Voyage au Centre de la Terre,
ch. I, p. 3,
« … mon oncle, le professeur
Lidenbrock, […] de Hambourg. […]
Otto Lidenbrock n’était pas un méchant homme
[…]
Il était
professeur au Johannæum […] il joignait au génie du
géologue l’œil du minéralogiste.
[…] Cette science lui devait d’assez
belles découvertes, et, en 1853, il avait paru à Leipzig un
Traité de Cristallographie transcendante, par le professeur
Otto Lidenbrock, grand in-folio avec planches, qui cependant ne
fit pas ses frais.
Ajoutez à ça que mon oncle était conservateur
du musée minéralogique de M. Stuve, ambassadeur de Russie,
précieuse collection d’une renommée européenne. » p.
504(1174). De la Terre à la
Lune, ch. XIV.« Barbicane, le 1er novembre,
quitta Tampa-Town avec un détachement de travailleurs, et dès le
lendemain une ville de maisons mécaniques s’éleva autour de
Stone’s Hill ; […] c’est donc au total un puits large de
soixante pieds qu’il faut creuser à une profondeur de neuf
cents. »
Ch. 85, p.
510(1180). Mathias Sandorf,
Ie partie, ch. I,
« Le billet ne contenait que dix-huit mots,
disposés sur trois colonnes verticales, comme suit :
ihnalz zaemen ruiopn
arnuro trvree mtqssl
odxhnp estlev eeuart
aeeeil ennios noupvg
spesdr
erssur ouitse
eedgnc
toeedt artuee
[Sarcany
se procure la grille
:] « un simple carré de carton, de six centimètres de longueur
par côté, et divisé par trente-six carrés égaux »
[une
illumination, d’un complice :]
« Ne voyez-vous pas qu’avant de composer ces mots au moyen de la
grille, les correspondants du comte Sandorf avaient
préalablement écrit à rebours la phrase qu’ils forment ! »
[les
manipulations reviennent à disposer les lettres de chaque
colonne pour former un carré de 36 cases contenant chacune une
lettre, puis à superposer à ce carré de lettres la grille, dont
9 cases étaient découpées, en faisant tourner cette grille d’un
quart de tour ( dans le sens des aiguilles d’une montre ), et à
noter les lettres visibles, en suivant le sens de lecture du
français. La première colonne donne alors les 4 suites de
lettres ainsi :